La vie est facile, ne t’inquiète pas – Agnès Martin-Lugand

Agnès Martin-Dugand - La vie est facile, ne t'inquiète pas

Agnès Martin-Lugand – La vie est facile, ne t’inquiète pas (2015)

4ème de couv’…

« Alors que j’étais inconsolable, il m’avait mise sur le chemin du deuil de mon mari. J’avais fini par me sentir libérée de lui aussi. J’étais prête à m’ouvrir aux autres. »

Depuis un an que Diane est rentrée d’Irlande, elle a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire.
C’est là, aux « Gens heureux lisent et boivent du café », son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et surtout il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car Diane sait qu’elle ne se remettra jamais de la perte de sa fille.

Pourtant, un événement inattendu va venir tout bouleverser: les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé, vont s’effondrer les unes après les autres.

Aura-t-elle le courage d’affronter un autre chemin?

Mon ressenti de lecture…

Quelle joie mais quelle joie de retrouver Diane après Les gens heureux lisent et boivent du café!

Nous l’avions laissé seule dans une parfaite illustration du bad timing… ou quand on rencontre l’amour sans le reconnaître, à un mauvais moment de sa vie, et qu’on passe à côté.

Diane a repris le cours de son existence parisienne, entre son café littéraire, Félix, son meilleur ami et les improbables rendez-vous pseudo-amoureux. Après son séjour irlandais et l’aventure tumultueuse avec Edward, elle se croit prête pour une nouvelle vie de couple…
Avec Olivier, un homme gentil… Mais parfois la gentillesse ne suffit pas… Diane va en faire l’expérience quand elle apprend la maladie d’Abby, là-bas, en Irlande, là où tout a redémarré et là où elle retourne…

Si dans le 1er volet, un événement tragique plongeait Diane dans les affres de la douleur et du désespoir, avec La vie est facile, ne t’inquiète, c’est un instantané de destin beaucoup familier et « banal ». Diane s’est construit une bulle rassurante dans laquelle les risques sont calculés et mesurés: elle écarte ce qui peut potentiellement la mettre en danger et s’entoure de personnes inoffensives et rassurantes.
Mais quand le cœur se mêle de la partie, la raison ne suffit plus. Et les certitudes d’hier ne sont pas toujours les ingrédients de demain. Le bonheur se nourrit aussi de mises en danger et de prise de risque.

Alors je ne vais vous cacher que le perso d’Olivier est certes charmant et sympathique… mais mon côté romantique passionné et cérébral (oui, oui, les deux s’accouplent très bien) n’aspirait qu’à des retrouvailles avec Edward, sur les terres de la belle Irlande.

Mais les choses changent, les gens évoluent, les situations diffèrent et j’ai adoré voir Diana devoir ré-apprivoiser le berceau de sa renaissance, devoir accepter de perdre le contrôle et que la bataille contre soi-même se perd parfois pour une fin heureuse malgré soi.

J’ai aimé ce retour en Irlande et les sentiments tumultueux de ces gens heurtés par des coups durs, malmenés par le sort, doutant d’eux et des autres. Je me suis attachée à ces adultes responsables ou déjantés qui restent fragiles et décontenancés devant les élans du cœur… parce que c’est vous, parce que c’est moi… parce que tout se joue parfois à des choix parfois infimes, à des peurs ou des petites folies.
Parce qu’on ne choisit pas sa famille et que faire entrer des gens dans sa vie implique une prise de risques et de responsabilités.
Le titre de ce roman est un peu ironique quand on se sent impuissant devant la perte d’une femme, quand un enfant est privé de sa mère, quand le quotidien est secoué de toutes parts… mais il est aussi porteur d’espoir que celui qui se donne les moyens d’être en équilibre avec soi et les autres…

Je me suis attachée encore davantage à Edward, à son chien, à ce Declan, nouveau venu qu’on a envie de câliner et de rassurer, à Abby et Jack, ce vieux couple complice, à Félix et Judith, vents de fraîcheur et de folie…

Je déplore toutefois que la présence de ce café littéraire, cher au cœur de Félix et Diane, plus prononcée que dans le roman précédant, ne soit pas davantage mis à l’honneur. L’ambiance livresque d’un tel lieu m’a manqué…

Bien entendu, je conseille la lecture des deux volets, Les gens heureux lisent et boivent du café et donc, La vie est facile, ne t’inquiète pas.

La plume de l’auteur est forte et délicate, profondément humaine et, avec cette lecture, le lecteur a l’impression d’avoir une petite place aux côtés de ces personnes simples et attachantes… et c’est avec une petite pointe de tristesse qu’on les quitte à la dernière page…

Citations…

« Chaque décision imposait des pertes, d’abandonner des morceaux de sa vie derrière soi. »

« Judith avait raison, il y aurait toujours un lien entre nous, lien que nous devrions démêler au plus vite pour pouvoir avancer l’un et l’autre. »

« Il est plus vivant grâce à son fils, il va lui consacrer sa vie… il l’aime comme un fou, mais ce qui le rendra toujours malade c’est d’avoir fait un enfant à une femme qu’il n’aimait pas. »

« Nous avions réussi à créer une famille heureuse de gens brisés, abîmés, et nous allions bien… »

« J’avais voulu que Les Gens deviennent un lieu convivial, chaleureux, ouvert à tous, où toutes les littératures trouvaient leur place. Je voulais conseiller les lecteurs en leur permettant de se faire plaisir, de lire les histoires dont ils avaient envie, et ce sans en avoir honte. Peu importait qu’ils veuillent lire un prix littéraire ou un succès populaire, une seule chose comptait: que les gens lisent, sans avoir l’impression d’être jugés quant à leurs choix. La lecture avait toujours été un plaisir pour moi, je souhaitais que les personnes qui fréquentaient mon café le ressentent, le découvrent et tentent l’aventure pour les réfractaires. Sur mes étagères, toutes les littératures se mélangeaient ; le polar, la littérature générale, le roman sentimental, la poésie, le young adult, les témoignages, les best-sellers et les titres plus confidentiels. C’était mon grand bazar où Félix, les habitués et moi nous retrouvions. J’aimais le côté chasse au trésor pour trouver LE livre. Les nouveaux clients étaient initiés au fur et à mesure par les uns et les autres. »

« Sa force était spectaculaire et contagieuse. Qui aurait eu l’indécence de s’écrouler face à tant de grandeur? »

« Laisse le temps faire son oeuvre, souris, ne pleure pas, écoute ton cœur. »

« Un an plus tôt, je n’avais vu que le vert, alors que la palette de l’arc-en-ciel était omniprésente : les rouges sombres de la tourbière mouchetée de petites fleurs violettes, le noir terrifiant des montagnes au loin, le blanc des moutons, le bleu profond et froid de la mer, le scintillement du soleil sur les vagues. Je prenais chaque bourrasque de vent comme un cadeau. Même la pluie, lorsqu’elle arriva, me rendit heureuse. »

« La vie n’avait épargné personne à cette table (…). Et pourtant, chacun faisait en sorte de rebondir, de vivre avec, de se contenter de petits moments heureux; un mélange d’instinct de survie et de fatalité. Ils m’avaient accueillie avec mes casseroles, et continuaient à le faire. J’étais parmi eux et j’étais bien. »

Note: 4/5

Blog Note 4

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s