Extinction – Matthew Mather

Matthew Mather - Extinction

Matthew Mather – Extinction (2015)

4ème de couv’…

À la veille de Noël, à New-York, Mike Mitchell s’apprête à passer un réveillon en famille et compte sur cette période de fête pour apaiser les tensions dans son couple.

Cependant ces projets vont être anéantis par une gigantesque tempête de neige qui s’abat soudain sur Manhattan et provoque un black-out total.

Internet et les réseaux de communication ne fonctionnent plus, les infrastructures s’effondrent. Le désastre gagne progressivement tous les secteurs d’activités, paralysés par cette coupure soudaine.

Rumeurs d’attentats, de cyber-attaque, thèses du complot… On accuse les Russes, les Chinois, les Iraniens. La panne généralisée alimente la psychose, renforcée par l’apparition d’une épidémie mortelle qui affole la population.

Au milieu du chaos, Mike et ses voisins se retrouvent sans eau, sans chauffage, et bientôt sans nourriture…

Dans ce tombeau à ciel ouvert qu’est devenu New York, l’ordre a laissé la place à la loi du plus fort.

Alors que la trahison guette à chaque instant, Mike va devoir livrer une lutte sans merci pour sa survie et celle de sa famille.

Mon ressenti de lecture…

Je l’ai lu à Noël, pile poil à la même époque de l’action de ce roman! Ma fin d’année fût heureusement plus calme que celle des New-Yorkais!

Une tempête de neige monstrueuse paralyse la ville. Un cauchemar! Un black-out total, surtout quand le net et tout moyen de communication implosent!

Et c’est humain, lorsque notre zone de confort est mise à mal, c’est la parano et la psychose qui prévalent! Les soupçons d’attaques de pays étrangers ou de terroristes et les théories de complot pleuvent!

Mais il fait froid, la faim s’éveille. Et psychoter ne réchauffe pas, ne nourrit pas.
Alors, dans un premier temps, quand le black-out n’est pas censé durer, tout le monde s’entr’aide, partage, cohabite dans une ambiance bonne enfant.

Mais quand la pénurie s’installe durablement… l’instinct de survie gomme le vernis social. C’est chacun pour soi et la grande mégapole new-yorkaise, moderne et policée redevient une jungle sauvage… A fortiori lorsqu’une épidémie mortelle se déclare…

Je ne vais pas le cacher, j’adore ce style de romans post-apocalyptiques!

Ce n’est pas de la SF, c’est ce qui pend au nez de notre société moderne! Oui, oui, à force de foutre en l’air notre bonne vieille Terre et de jouer aux apprentis sorciers avec mère Nature, c’est ce qui va nous arriver un jour ou l’autre…

C’est anxiogène à souhait! Ça rend votre fauteuil vachement moins confortable, ça fait monter votre tension, ça vous donne envie de dévorer tous les guides de survie qui vous tomberont sous la main, de creuser un bunker et d’y entasser des vivres pour un régiment!

Au contraire de Black-out de Marc Elsberg (gros coup de cœur pour moi!) qui appuyait davantage sur l’aspect scientifique et plus spécifiquement sur l’aspect technologique de notre dépendance et des faiblesses de notre hyper-connectivité laissant l’être humain en position de faiblesse extrême face à un bug ou une cyber-attaque, l’aspect humain et émotionnel prédomine dans Extinction.
Alors oui, le lecteur se pose moins de question sur les choix de vie opérés en faveur de la technologie, semble moins perturbé et enclin à se remettre en question.

Mais ce qui titille le neurone tout le long de cette lecture c’est l’évolution de la nature humaine… ou plutôt sa non-évolution au cours de tous ces siècles depuis l’âge des cavernes…

Matthew Mather met ici en scène des gens lambda de divers horizons, de générations différentes: des familles, des enfants, des célibataires, des émigrés… Des adeptes du survivalisme, de la théorie du complot, des gens déconnectés de la réalité, des égoïstes, des opportunistes, des naïfs, des durs… Et tous sont confrontés au même problème, la survie, et j’ai adoré suivre les multiples réactions primaires des uns et des autres… Ceux qui s’adaptent ou ceux qui s’effondrent. Quand petit à petit le vernis s’écaille, les civilités disparaissent, les bonnes volontés s’épuisent.

Quand tout simplement l’être humain redécouvre son instinct animal. Quand survivre est tout ce qui importe et guide chacune de vos actions.

L’homme reste-t-il digne? La morale peut-elle être sauve?

La plume de l’auteur est diabolique, elle nous livre jour après jour l’angoisse, la peur, les obstacles et cet esprit humain qui se délite d’heures en heures dans un décor d’apocalypse blanc!

Bref, un régal de lecture quand l’être humain prend ainsi une bonne gifle et dégringole de son piédestal somme toute bien fragile!
Et vous là, qui me lisez, ne vous leurrez pas, il y a un animal tapi en vous!

Citations…

« Celui qui veut voir ce que réserve l’avenir n’a qu’à se tourner vers le passé. »

« – Je suis d’accord. Par peur du terrorisme, nous avons accepté que le gouvernement collecte des informations personnelles, surveille nos faits et gestes, mette des caméras partout.
– Mais si tu ne fais rien de mal, tu n’as rien à craindre, ai-je souligné. Moi, ça m’est égal de renoncer à un peu de liberté en échange d’une meilleure sécurité.
– C’est là que tu te plantes. Tu as toutes les raisons d’avoir peur. Où vont-elles, ces informations? »

« La peur, ce n’est pas la bonne réponse. Quand on a peur de tout, on a également peur d’agir et, du coup, on renonce à notre liberté. »

« Protéger notre liberté est un travail de chaque jour, et cela commence par la protection de nos données personnelles sur Internet – qui est, elle, de notre responsabilité. Si on suspend notre vigilance, petit à petit, on perdra toutes les libertés pour lesquelles nos ancêtres ont combattu. »

« Dans ce pays, chaque fois qu’on soupçonne le gouvernement de vouloir réglementer la vente de fusils d’assaut, les gens deviennent fous et hurlent au liberticide. Ces nouvelles lois donnent au gouvernement un droit de regard sur tout ce que tu fais, sans ton consentement – et personne n’ouvre la bouche! Qu’est-ce qui définit la liberté? Les libertés civiles, qui elles-mêmes reposent sur le respect de la vie privée. Si on foule ce respect aux pieds, c’est la fin des libertés civiles, et donc de la liberté tout court. »

« Nous répugnons à prendre quelques risques à titre individuel, nous donnons au gouvernement le droit d’envahir notre vie. Nous sommes en train de renoncer à notre liberté, par simple trouille. »

« La mission d’une force militaire est de protéger la nation – ses citoyens, ses industries -, de tracer une frontière et de la faire respecter, mais dans le cyberespace, où les frontières n’existent pratiquement pas, elle est inopérante. »

« Seul face à ce vide intersidéral, j’ai senti combien mon existence se réduisait à un point infinitésimal, flottant dans l’univers. »

« (…) le respect de la vie privée est la pierre angulaire de la liberté. Des parts toujours plus importantes de notre vie migrent vers le cyberespace et nous devons préserver nos acquis dans le monde physique. Un Internet plus sécurisé implique qu’on laisse des traces, des informations quelque part, qui permettent de surveiller nos faits et gestes.
(…) En effet si la sphère numérique était davantage contrôlée, cela reviendrait à vivre dans un monde où des caméras de surveillance, à chaque coin de rue et dans chaque foyer, enregistreraient le moindre de nos mouvements. »

« Avoir un enfant était une aventure vraiment incroyable. Avant la naissance de Luke, j’avais traversé la vie sans en comprendre le sens. Je cherchais à déterminer ce que j’en attendais, espérais, redoutais. Et puis, au premier regard échangé avec cette version miniature de moi-même, tout était devenu limpide d’un seul coup. Le sens de ma vie était là: protéger, éduquer ce petit être, l’aimer et lui enseigner tout ce que je savais. »

« La peur – voilà, notre véritable ennemi. La peur – et l’ignorance. »

« Même si on souffre, en ce moment, ce n’est pas une excuse pour abdiquer et renoncer à nos libertés élémentaires. »

« La nature humaine ne change pas, et nous devons tirer les leçons du passé, nous devons à tout prix protéger notre liberté et notre droit à la vie privée. C’est un droit fondamental (…) »

« On a beau nous rabâcher que la fin du monde est pour demain, il est toujours là. La civilisation a gagné le combat. »

« Les arguments de Rory étaient sensés et rationnels, mais la faim et la peur avaient pris le pouvoir sur l’intellect. »

« On ne protège pas sa liberté en y renonçant. »

« Alors que quelques semaines plus tôt à peine, mes sens étaient anesthésiés, je redevenais attentif à mon environnement naturel. (…)
L’homme, par nature, est violent. Nous sommes même les premiers de tous les prédateurs qui peuplent la planète. (…)
Nous étions les derniers des millions de maillons d’une chaîne ininterrompue de tueurs. »

« Si la technologie ne pouvait pas régresser, les hommes, eux, en étaient tout à fait capables. Lorsque le monde vacillait, nous pouvions même régresser avec une facilité et une rapidité étonnantes. Nos réflexes animaux demeuraient et nos cafés latte, nos téléphones portables et nos chaînes câblées n’étaient qu’un vernis superficiel qui les dissimulait. »

Note: 4/5

Blog Note 4

Publicités

10 réflexions au sujet de « Extinction – Matthew Mather »

  1. Rien de voir la couv, j’ai froid !!!!!!!!! J’attendrai Noël prochain pour le lire, au moins je pourrai faire un feu :p
    Mais ça pourrait me plaire 😉
    Bizouilles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s