Morceaux de choix – Alan Carter

Alan Carter - Morceaux de choix

Alan Carter – Morceaux de choix (2016)

4ème de couv’…

Relégué à la Brigade du Bétail dans le bush australien, l’agent principal Cato Kwong est appelé en renfort dans une petite ville minière en plein boom, au bord de l’océan.

Au matin, les requins ont rejeté un cadavre humain sur la plage, décapité.

Flic mélomane et désabusé, métisse chinois sans autre attache que ses erreurs passées, Cato sent la chance tourner.

Une enquête digne de ce nom, ça le changera des autopsies de bovins et des braconniers.

Quand on cherche la fortune à Hopetoun, mieux vaut être tapi dans l’ombre.

Mais quand on cherche la vérité?

Mon ressenti de lecture…

Hopetoun est un tout petit bled de l’État de Victoria, sur la côte sud de l’Australie occidentale… Son seul attrait est la mine de nickel qui embauche à tour de bras et alimente un petit boum économique bienvenu… Jusqu’à la découverte d’un tronc humain avec lequel de gentils requins s’amusaient un peu… Mais ce ne sont pas les squales les coupables…

Tess, traumatisée par une agression violente et mutée à Hopetoun, est flic et elle va devoir coopérer avec son ex, flic désavoué, Cato Kwong, pour résoudre cette enquête qui s’avère difficile. Arriveront-ils à s’entendre pour trouver la vérité sur ce meurtre?

De son côté , Stuart Miller est un flic anglais arrivé en Australie pour vivre paisiblement sa retraite. Mais il est obsédé par son passé et sur la piste d’un assassin ayant œuvré auparavant en Angleterre… 30 ans après, le meurtrier sera-t-il arrêté?

Mon avis sur ce premier roman est très mitigé. Il était pourtant ambitieux: deux enquêtes en parallèle avec un dépaysement total à la clef, l’Australie. Une enquête avec des flics blessés, ayant tout à prouver pour reprendre leur destin en mains.

Mais, à mon sens, l’auteur n’a pas pris le temps.

Il n’a pas pris le temps de creuser son contexte socio-économico-culturel. Nous ne sommes pas dans l’Australie de carte postale, nous sommes dans une ville minière où les conditions de travail sont rudes, où de la main d’oeuvre étrangère en grand nombre et de divers horizons est exploitée, dans un pays où les tensions raciales existent. Ces sujets sont abordés dans le roman mais d’une manière trop superficielle pour asseoir une ambiance lourde et angoissante. Nous n’avons qu’une vague idée des enjeux économiques et des conditions de travail. Nous ne connaissons pas le pourquoi des tensions entre les ouvriers. La scène reste trouble et flou.

Il n’a pas pris le temps d’installer un décor unique et captivant. L’Australie est superbe, extrême, hostile et magique, par un climat et des paysages à couper le souffle. Et pourtant, pas un mot sur sa faune et sa flore, pas de description dépaysante. On est en Australie. Oui. Tout plein de 4×4. Ok. Stop. Prenez la même société minière, la même petite ville, les mêmes personnages, et collez-les dans le désert californien… vous avez le même résultat.

Il n’a pas pris le temps de donner de l’épaisseur à ses personnages. Et pourtant, des personnages, il y en a pas mal… même trop. Mais ils se croisent, se fuient, s’affrontent mollement. Je n’ai ressenti aucune passion, aucune émotion, aucune gniaque. L’équipe policière est tire au flanc,  peu soudée, peu motivée à retrouver les coupables. Elle semble être un ramassis d’amateurs échoué au bord de l’océan.

Stuart Miller, le flic anglais retraité, est peu crédible dans son traumatisme. Je suis peut-être blasée par mes lectures polar/thrillers mais je n’ai toujours pas compris comment un flic avait pu être traumatisé à ce point par une seule et unique scène de crime… Certes il est obsédé mais sa quête est un peu légère, hasardeuse et manque cruellement de suspens et de matière.

Les habitants et les employés peuplant Hopetoun n’échappent pas aux clichés: entre la commère et les gros bras au langage fleuri, levant lestement leur coude et adorant faire chauffer la gomme, bienvenue dans une bourgade de bouseux bien peu reluisante.

Et l’effort de mêler un peu d’amour dans cet univers âpre du bush australien avec les retrouvailles des deux ex amants, Tess et Cato, tombent à plat car ils restent distants, sans volonté de s’affronter ou de renouer… D’ailleurs on ne sait même pas pourquoi ils se sont quittés…

Ce manque d’épaisseur n’a pas créé d’empathie suffisante pour que je m’attache à qui que ce soit dans ce roman, je le déplore…

La volonté de l’auteur d’offrir une intrigue complexe avec deux enquêtes en parallèle se perd d’elle-même en une multitude de fausses-pistes, d’interrogatoires musclés superflus et une avalanche de détails inutiles. Là encore, malheureusement, je n’ai pas accroché. Je me suis même ennuyée…

La plume d’Alan Carter est pourtant fluide et agréable. Le synopsis était tentant, il y avait matière à un très bon polar et même un roman noir…
Mais je suis passée totalement à côté…

Citation…

« Quand les truands n’y parvenaient pas, la mauvaise bouffe finissait par avoir la peau des flics. »

Note: 2/5

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