La fille qui en savait trop – Nils Barrellon

Nils Barrellon - La fille qui en savait trop4ème de couv’…

Une main de femme aux ongles vernis de rouge, tranchée net au niveau du poignet, est retrouvée dans la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris.

Dans l’enclos des cochons…

La victime a-t-elle été tuée ici avant d’être dévorée par les porcs?

Pour le commissaire Kuhn, ce n’est que le début d’une affaire tortueuse.

Du bois de Boulogne aux salons feutrés des ambassades, des squats de camés aux bureaux survoltés du 36 quai des Orfèvres, le commissaire se débat dans un noeud de vipères. Le meurtre semble avoir un lien avec un ignoble trafic aux multiples ramifications. Pour Kuhn, il n’y a qu’une seule manière de dénouer l’affaire: découvrir ce que cette fille avait bien pu apprendre avant de finir découpée en morceaux…

Mon ressenti de lecture…

Une main de femme aux ongles vernis rouge.

C’est tout ce que des cochons rares d’une ménagerie parisienne auront laissé au commissaire Kuhn et son équipe à se mettre sous la dent.

C’est le point de départ d’une enquête sur le trafic de femmes de l’Est destiné à la prostitution sur le territoire français.

Kuhn, Letellier, Lefort, N’Guyen et Anissa Chihab vont avoir du pain sur la planche pour remonter le fil des indices et résoudre cette affaire.

Je remercie tout d’abord Eric Poupet et les éditions City pour la découverte de cet auteur et de ce titre.
Je découvre un polar de facture classique, à l’écriture simple, fluide et agréable, à l’intrigue très actuelle avec le thème de la prostitution de l’Est.

Le sujet est maîtrisé et documenté et colle à ce que l’on peut connaître de la réalité de ce style d’événements.

Il est également subtilement décrit pour ne pas tomber dans le gore et le voyeurisme, tout en décrivant précisément le calvaire de jeunes femmes tombant aux mains de proxénètes violents et sans scrupule.

Un certain humour est égrené au fil des pages, pour contrebalancer l’horreur de l’enquête et parmi d’alléger l’ambiance.

Par contre, je n’ai vraiment pas goûté les pseudo jeux de mots et plaisanteries autour de ces pauvres cochons assassinés, victimes gratuites de cette enquête.

Et le parler des cités d’un des jeunes flics, Jérémy, est quelque peu pénible et cliché. Tout comme la diversité « obligée » de son équipe, entre ce fameux jeune des quartiers chauds et un élément féminin, d’origine maghrébine de surcroît, Anissa.

Le ton est assez âpre, me fait penser au style de Frédéric Dard par moment.

L’histoire est très bien construite, sans aucune incohérence.

Les indices semés par ci par là permettent aux lecteurs de coller au plus près des enquêteurs, de réfléchir en même temps que leurs déductions tombent.

Les personnages découverts dans Le jeu de l’assassin s’affirment dans la lignée amorcée dans le premier roman.

L’équipe se dévoile petit à petit dans leurs relations privées.

Les rapports entre le quai des Orfèvres et les magistrats sont admirablement tendus.

Et les conditions de travail et les pérégrinations des policiers sont superbement détaillées.

Somme toute, ce roman est une agréable lecture mais reste trop classique et franco-français pour que j’en garde un souvenir impérissable.

Citations…

« Pas possible de mettre le moteur en marche pour avoir un peu de chauffage: je ne veux pas faire foirer l’opération pour une ânerie comme celle-là. Bogdan Milankovic est le genre de mec à posséder un radar anti-flic intégré et, pour lui, une voiture qui tourne au ralenti sans bouger est aussi visible que le nez au milieu de la figure. Un nez de clown, cela va sans dire. »

« La fierté n’est pas un trait féminin. Pas de honte à avouer qu’on n’est pas bien, qu’on a besoin d’aide. »

« Je n’ai pas besoin de la regarder pour savoir que cette explication ne la satisfait pas. Cette gamine est maligne, je l’ai senti dès que je l’ai vue. Je ne lui ai pas dit et ne suis pas près de lui dire. Si elle doit bosser sous mes ordres, il passera de l’eau sous les ponts avant que je ne la flatte. Un flic trop sûr de lui n’est plus aussi efficace. »

« Comme tout bon flic qui se respecte, j’adore les non-dits, les silences trop longs, les lapsus. Chez un suspect, ce sont autant de signes qui me poussent à chercher plus loin. Pour trouver ce qu’ils cachent. »

Note: 3/5

blognote 35

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9 réflexions au sujet de « La fille qui en savait trop – Nils Barrellon »

  1. Contrairement à toi, le côté que tu nommes « franco-français » est un élément qui m’a beaucoup plu dans ce titre. Moins de spectaculaire et plus de réalisme j’ai trouvé. Certes un peu classique pour le genre, je te rejoins sur le fait que c’est tout de même un bon roman.

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