L’art d’écouter les battements du coeur – Jan Philipp Sendker

Jan-Philipp Sendker - L'art d'écouter les battements de coeur4ème de couv’…

Un matin, le lendemain du jour où Julia obtient son diplôme de droit, Tin Win, son père, un brillant avocat de Wall Street, quitte son domicile et disparaît mystérieusement.

Quelques semaines plus tard, son passeport est retrouvé dans les environs de l’aéroport de Bangkok.

Quatre ans ont passé. Julia est devenue avocate. En rangeant le grenier de leur maison, Judith, sa mère, découvre des lettres d’amour que Tin a écrites – mais jamais envoyées – à Mi Mi, une jeune Birmane de Kalaw, son village natal. Julia, qui ne s’est jamais résignée à l’absence de son père, décide alors de se rendre sur place pour percer le mystère qui entoure son passé.

Elle pénètre dans un univers dont elle ne soupçonnait pas la richesse. Grâce à U Ba, un vieux Birman, elle apprendra que Tin possédait un don, celui de déchiffrer l’âme des gens en écoutant les battements de leur cœur.

Mon ressenti de lecture…

Le père de Julia, Tin Win, a disparu depuis quelques années…

Quand celle-ci lit des lettres d’amour écrites par son géniteur à une autre femme que la sienne, émue, face à ce passé mystérieux, elle se sent le devoir de partir sur les traces de la vie de cet homme si cher à son cœur.

Pour s’en rapprocher, le comprendre et pourquoi pas le retrouver?

Son voyage birman la déconnecte totalement de son quotidien moderne, lui ouvre les portes d’un monde inconnu, hors du temps, si éloigné de ses propres valeurs, le creuset des origines paternelles.

Mais en levant le voile de ces souvenirs cachés, Julia n’est-elle pas sur la voie de ses propres battements de cœur?

Encore sous le charme d’Un cœur bien accordé, cadeau Babelio suite à une Masse Critique, je n’ai pas tardé à lire celui-ci qui, chronologiquement, le précède pourtant…

Et même si le coup de cœur n’est pas aussi intense que pour Un cœur bien accordé, le charme de cette histoire a opéré tout de même!

C’est un roman de dépaysement total, tant du point de la culture, de la mentalité, du climat, de la géographie et de l’organisation sociale!

Notre esprit s’envole au gré des odeurs, de la lenteur du temps, de la chaleur et des pluies…

Inutile d’écrire tout un paragraphe sur la différence entre notre monde occidental et l’univers oriental, il suffit de prononcer le mot « Birmanie » et l’évasion démarre! Et les mauvais en géo peuvent très vite aller repérer ce pays sur une carte avant lecture: on embarque pour le sud-est de l’Asie, dans un petit village au centre du pays, Kalaw!

Notre cœur s’apaise un instant, l’espace de ce magnifique conte de fées, de cette histoire d’amour quasi-intemporelle, avec sa dose de pureté, de magie et d’injustices.

L’émotion est largement au rendez-vous.

Laissez vos neurones au repos et au fil de ces pages, surprenez-vous à rêver.

C’est un hymne à la vie, à l’amour éternel, celui qui vibre toujours malgré l’absence, les péripéties et les douleurs de la vie.

L’amour idéal en somme.

Un très bel amour décrit au travers des témoignages, des recoupements, des lettres… Un homme qui se dévoile alors qu’il n’est plus, un homme qui a souffert et aimé, qui a aimé et souffert.

Un amour auquel on a envie de croire car il s’intègre parfaitement dans le décors atypique de l’Asie profonde aux traditions ancestrales.

Un amour de légende entre deux individus profondément simples et humains, étrangers aux vices, à la méchanceté et la cruauté des sociétés modernes. C’est un amour altruiste, désintéressé et profond.

C’est beau, magique. C’est un voile de pudeur et de douceur sur nos âmes tourmentées.

Bref, j’ai répété mille fois le mot « amour » dans ce ressenti.

Parce que c’est un roman d’amour. Mais pas de cet amour galvaudé raconté à toutes les sauces féminines actuelles.

Le mot « amour » prend ici tout son sens. Son essence possède une odeur unique qui vous enchantera le cœur!

Citations…

« Imagines-tu la détresse d’un oiseau qui ne peut pas chanter, d’une fleur qui ne peut pas s’épanouir? Imagines-tu le malheur d’un poisson hors de l’eau? »

« Il y a des blessures que le temps ne guérit pas, mais il les réduit à un encombrement acceptable. »

« Que savons-nous de nos parents et que savent-ils de nous? Et si nous ne connaissons même pas ceux qui nous accompagnent depuis notre naissance – et si eux ne nous connaissent pas non plus – , alors, que pouvons-nous espérer savoir de tout un chacun? »

« Il peut donc arriver dans la vie quelque chose comme un tournant catastrophique, lorsque le monde tel qu’on le connaît cesse d’exister. Un moment qui fait de nous quelqu’un d’autre en l’espace d’un battement de cœur. »

« Les mots peuvent-ils avoir des ailes? Peuvent-ils scintiller dans l’air comme des papillons? Peuvent-ils nous emporter, captifs, dans un autre monde? Peuvent-ils ouvrir les ultimes chambres secrètes de nos âmes? »

« La vie, avait-il insisté, est un don plein de mystères où se mêlent inextricablement douleur et bonheur. Toute tentative pour avoir l’un sans l’autre est inévitablement vouée à l’échec. »

« Comme les plus beaux mots sonnent creux et plat! Quelle vie morne et monotone mènent ceux qui ont besoin de mots, qui ont besoin de toucher, de voir ou d’entendre l’autre rien que pour le sentir proche! Qui ont besoin de prouver leur amour ou même de l’affirmer pour en être certains. »

« Si les coups du sort et la malchance étaient pour elle monnaie courante, la joie et le bonheur la rendaient nerveuse tant ils lui étaient inconnus. »

« Son cœur battait. Il y avait encore en lui quelques réserves de vie, mais avoir perdu tout espoir lui donnait l’air d’avoir perdu la vie. »

« L’amour a tant de visages différents que notre imagination n’est pas préparée à les voir tous. (…)
Parce que nous ne voyons que ce que nous savons déjà. Nous projetons nos propres valeurs, les bonnes comme les mauvaises, sur l’autre. Ensuite, nous reconnaissons pour de l’amour ce qui, d’emblée, correspond à l’image que nous nous en faisons. Nous souhaitons être aimés comme nous-mêmes nous saurions aimer. Une approche différente nous met mal à l’aise. Nous réagissons de façon soupçonneuse et dubitative. Nous interprétons les signes de travers. Le langage nous est incompréhensible. Nous accusons. Nous affirmons que l’autre ne nous aime pas. Mais peut-être nous aime-t-il simplement selon son idiosyncrasie, que nous sommes incapables de reconnaître. »

Note: 4/5

blognote 45

Publicités

2 réflexions au sujet de « L’art d’écouter les battements du coeur – Jan Philipp Sendker »

  1. Je crois que ce livre est fait pour moi!!!!Il n’y a pas trop d’amour à on sens dans cette vie, donc ta chronique me branche bien, je suis sous le charme et vais sans doute courir acheter ce livre qui à l’air sublime!!!!;)
    Merci pour ce partage!!!!!

    • Ooohhh je suis ravie!!! Ce livre et celui qui suit sont loin de mes thèmes de prédilection mais je les ai grandement savourés! 🙂 Hâte d’avoir ton ressenti! 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s