Homeland: La traque – Andrew Kaplan

Andrew Kaplan - Homeland - La traque4ème de couv’

Beyrouth 2006. Carrie Mathison, agent de la CIA, se rend à un rendez-vous avec un contact dont le nom de code est Nightingale. Mais c’est un piège dont elle réchappe de justesse. Elle en déduit qu’on a infiltré le QG de la CIA. Elle s’en ouvre à son supérieur, ce qui provoque un conflit violent; Carrie est aussitôt renvoyée à Langley. Carrie est incroyablement douée, et très fragile aussi. Elle souffre de troubles bi-polaires qui l’handicapent mais lui permettent aussi de reconnaître et d’anticiper des schémas comportementaux bien particuliers. Bien sûr, elle cache ses troubles pour protéger sa carrière.
Carrie se persuade qu’un complot se trame et veut retourner à Beyrouth à tout prix. Elle demande de l’aide à Saul Berenson, son boss, son mentor, son confident, celui qui l’a recrutée quand elle était à Princeton. Mais le chef du contre-terrorisme, David Estes, un homme habile et très politique, rejette sa demande. Carrie est hors d’elle et n’a plus de temps alors elle risque le tout pour le tout et commet un acte d’insubordination qui lui permet de découvrir une preuve qui relie Nightingale à Abu Nazir, le chef d’Al-Qaïda en Irak. Elle devient obsédée par Abu Nazir et s’embarque dans une poursuite qui va pratiquement la détruire.

Mon ressenti de lecture…

Carrie Mathison est agent de la CIA, en poste à Beyrouth, en 2006. Un rendez-vous avec un contact tourne mal, Carrie devient une cible mais arrive à échapper à ses poursuivants. C’est incompréhensible pour elle et malgré tout, sa hiérarchie de la soutient pas et la rend même responsable de ce fiasco. Elle n’est pas en odeur de sainteté mais elle ne se laisse pas abattre. Tel un pitbull, elle va se battre sur tous les fronts pour prouver que la CIA à Beyrouth est infiltrée et compromise, que des accointances dans divers milieux terroristes mettent en péril la sécurité nationale. Sur le sol des Etats-Unis et à l’étranger.

Une traque sans répit s’ouvre pour elle, jusqu’à l’obsession…

Andrew Kaplan est célèbre pour ses romans d’espionnage… surtout à l’étranger. Malheureusement pour les francophones, seul La trahison du Scorpion a été traduit et publié en France, préalablement à ce roman. Ancien militaire, journaliste et correspondant de guerre, il paraîtrait même que la fameuse CIA a tenté de le recruter à plusieurs reprises.

Homeland, la traque est un préquel à la série tv américaine du même nom. Et donc, les fans de celle-ci ne pourront qu’adorer ce roman qui marque les origines du complot développé dans les premières saisons, et la présentation de l’Agent Carrie Mathison.

Et cette lecture offre réellement le même suspens et la même addiction que la série.

Cette plongée au cœur du terrorisme et de l’espionnage, avec ses sœurs du contre-terrorisme et du contre-espionnage, offre un régal livresque du genre. Le tout est trépidant, haletant, angoissant.

Le personnage de Carrie est atypique: une femme dans un monde d’hommes, certes, mais surtout c’est un électron libre, audacieuse et irrévérencieuse. Son job, c’est sa vie, et elle n’a que faire des êtres humains, de la hiérarchie et des dangers: elle est obsessionnelle, intuitive, intelligente, avec un cerveau bouillonnant. Elle réfléchit, fonce… et pas toujours dans cet ordre. Elle sait jouer de sa féminité mais agit comme un homme, libre de toute limite. Et il n’y a guère que son mentor, Saul Berenson, qui arrive à la tempérer, à juguler ses colères destructrices et à la couvrir au besoin auprès de sa hiérarchie.

Carrie serait presque antipathique à cause de son manque global d’empathie si elle n’était pas aussi intelligente et efficace.

Un personnage intéressant. De l’action. Du danger. Du suspens. Beaucoup d’action.

Mais pas que.

Ce roman est aussi une très fine analyse de la géo-politique au Moyen-Orient. Pour tous ceux qui se perdent entre le Hezbollah et Al-Qaïda, entre sunnites, chiites et j’en passe, ce roman est une excellente leçon de rattrapage pour éclaircir le pourquoi du comment des nombreuses et diverses tensions entre pays et communautés arabo-musulmans.

Et ce, sans lourdeur ni ennui.

Le monde est un panier de crabes mais ce que l’auteur décrit aussi ici très bien, ce sont les rapports tordus entretenus au sein même des différentes agences de sécurité, entre hommes de terrain ou bureaucrates, entremêlés d’espionnage, de complots, de tensions, d’hypocrisie, de calculs, de glorioles individuelles. Rien ni personne n’est épargné, on navigue dans le gris. Et pendant ce temps des hommes perdent la vie.

Bref, des Etats-Unis en Irak, en passant par le Liban, cette lecture est un dangereux voyage mais tellement plaisant quand on est confortablement installé dans son fauteuil!

Citations…

« Ça passe ou ça casse. Et au Moyen-Orient, être une femme n’est pas une excuse. Si tu merdes, si tu déconnes, t’as une chance sur cent d’en réchapper. Et même si tu t’en sors vivante, t’es définitivement grillée. Beyrouth a l’air civilisée, comme ça – plein de boîtes de nuit, de jolies femmes en vêtements griffés, des restaus de luxe, les gens les plus sophistiqués de la planète –, mais il ne faut pas s’y fier, c’est toujours le Moyen-Orient. Un seul faux pas et ils auront ta peau – avant de retourner faire la fête. »

« Ta vie sexuelle ne me regarde pas, mais ici, si t’as pas envie que tout le monde s’en mêle et si tu veux éviter les mains baladeuses, il vaut mieux laisser croire aux mecs que tu appartiens déjà à un mâle. C’est comme ça qu’ils raisonnent: on touche pas à la propriété d’autrui, c’est un tabou plus fort que le viol. Avec l’alliance, t’as le choix, au moins. »

« On est à Beyrouth… On vit au-dessus d’un abîme fait de mensonges et de bombes. »

« – Vous plaisantez, j’espère? On a des marines qui baignent dans leur propre merde à Ramadi, des bombes qui pètent un peu partout et des cadavres décapités aux quatre coins du pays, l’Irak tout entier est au bord de l’explosion, et ce type s’adonne à des petites branlettes de bureaucrate? »

« – Bienvenue à la CIA, la vraie, dit Virgil avec une moue sarcastique.
Il nourrissait le mépris typique des hommes de terrain pour les bureaucrates de Langley.
– Pas besoin d’ennemis, on a déjà un nid de scorpions à domicile. (…) »

« – Qu’est-ce qui est si drôle?

– Un truc que mon père répétait fréquemment: « Une queue qui bande, c’est un cerveau qui roupille. »

C’est beaucoup plus drôle en yiddish. »

« Au Liban, franchir les frontières confessionnelles était à peu près aussi dangereux que de traverser une autoroute californiennes les yeux bandés. »

Note: 4/5

blognote parmeblognote parmeblognote parmeblognote parmeblognote parmenot

Publicités

18 réflexions au sujet de « Homeland: La traque – Andrew Kaplan »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s