La ligne noire – Jean-Christophe Grangé

Jean-Christophe Grangé - La ligne noire4ème de couv’

Ancien champion de plongée en apnée, Jacques Reverdi est arrêté en Malaisie. Convaincu de meurtres sadiques – il saigne à mort ses victimes, des jeunes femmes -, il risque la pendaison.
A Paris, Marc Dupeyrat, ancien paparazzi reconverti dans le fait divers sanglant, se prend de fascination pour lui. Afin d’obtenir ses confidences, il va inventer une femme, dont le criminel tombera amoureux du fond de sa prison, et à laquelle il prêtera les traits de Khadidja, le mannequin en herbe que déjà se disputent publicitaires et photographes.
Commence alors, de Paris à l’Extrême-Orient, une longue odyssée au coeur de la violence et du mal, qui mènera le journaliste bien au-delà de ce qu’il pouvait imaginer… Et un suspense qui, après Les Rivières pourpes et L’Empire des loups, confirme Jean-Christophe Grangé comme un maître du thriller.

Mon ressenti de lecture…

J’ai passé plusieurs années sans lire un Jean-Christophe Grangé car, malgré sa popularité, je n’avais pas accroché à ma première expérience livresque avec cet auteur. En général, je confirme toujours mon opinion en lisant un deuxième roman du même auteur…

C’est chose faite aujourd’hui… et je n’accroche toujours pas!

Nous avons en Asie un ancien champion apnéiste, Jacques Reverdi, accusé de plusieurs meurtres sanglants et abominables de cruauté. Nous avons à Paris un journaliste sur le retour, Marc Dupeyrat, ayant jonglé entre le journalisme d’investigation et les poubelles people, quelque peu désabusé, victime de comas opportunistes après des événements meurtriers autour de ses proches et dont il aurait été témoin.

Va se nouer une relation d’admiration morbide pour l’un, de maître à disciple, voire d’amour fusionnel pour l’autre. Marc veut décrocher un Pulitzer en étant le seul et unique à décrypter les motivations et mobiles de ce Jacques Reverdi, tout puissant à échapper à la justice. Pour cela, il suit son chemin et sa quête initiatique, guidé par Jacques himself, pour atteindre la Vérité Reverdi.

Mais à quel prix? Va-t-il s’en sortir indemne, va-t-il se perdre ou alors se retrouver?

Et que gagne Reverdi à confier ainsi, au compte-goutte, semant les indices d’une chasse au trésor morbide? Joue-t-il? Espère-t-il enfin partager son Nirvana?

Honnêtement, je me suis ennuyée dans ce roman tout en longueurs.

Une quête, une chasse aux indices lente et rébarbative. On ne peut que se laisser porter passivement, en attendant que l’auteur veuille bien nous dévoiler la suite…

Marc est torturé, se prend vite au jeu malsain qu’il a imaginé, celui de la belle jeune femme éprise avec une fascination aveugle d’un condamné à mort, dépendant comme un junkie de cet assassin obscur.

Même si la dissection des actes sanglants, tortueux et horribles de Jacques est adroitement bien ficelée autour d’une démonstration d’hémoglobine limpide, le tout est indigeste chez ce monstre de froideur, d’égoïsme et d’arrogance.

Atteindre l’essence du mal par la renaissance dans un autre corps que celui du prisonnier voué à la mort, c’est l’élève qui supplante le maître… Mais ici, c’est la rencontre de deux êtres malfaisants qui se reconnaissent et non pas la perversion d’un individu sain à la base…

Tout le long, j’ai eu l’impression de lire un mauvais remake du Grand bleu mêlé au Silence des agneaux…

Le déroulement et le dénouement de la relation entre Marc et Jacques sont convenus et sans surprise… Je n’ai pas été prise une seule seconde dans les filets d’un quelconque suspens, je suis restée indifférente aux personnages formatés et sans âme.

Le descriptif des tortures est juste gore à souhait pour tirer quelques grimaces de dégoût au lecteur.

Alors oui, ce thriller est sombre, du rouge de ce sang hypnotique, voire de ce noir affiché… c’est macabre et glauque à souhait… mais l’ivresse des profondeurs était absente…

C’est donc une déception pour moi, mais la quasi-certitude que je ne glisserai plus jamais un livre de cet auteur dans ma PAL…

Citations…

« Les parfums s’insinuaient en lui; douceur feutrée, intime, glissée entre les plis de son être. »

« Seule une blessure qu’on cache affaiblit. »

« Les prisonniers sont des proies faciles; des durs, des criminels, qui se méfient de tous, mais aussi des hommes malades d’ennui et de solitude. »

« Je sais ce que tu espères… Pourtant je vais te décevoir: de telles vérités ne se racontent pas. Ce sont des expériences trop fortes, trop pleines, qui saturent l’être. Je n’ai pas envie d’essayer de noircir des pages sur un tel sujet. L’appauvrir avec des mots, le souiller avec des explications. »

« Nous associons toujours psychiatrie et croyance. Il n’est d’ailleurs pas dit que cela soit moins efficace qu’une vision strictement clinique. Dans la mesure où un patient croit aux diables qui le possèdent, on peut dire qu’ils existent, non? La raison n’est qu’un certain réglage de la lucidité. Tout est vrai, puisque tout est perception. »

« Un autre que lui-même décrivait son désir de meurtre, son plaisir de voir le sang couler, sa jouissance à faire souffrir. Dans un coin de sa tête, Marc laissait courir. Il gardait ses distances face à cet être imaginaire qui s’exprimait, maintenant, à sa place. Ne faisait-il pas à cet instant œuvre de romancier? N’était-ce pas son rôle de prêter son cerveau, le temps de la rédaction, à son personnage? »

Note: 3/5

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8 réflexions au sujet de « La ligne noire – Jean-Christophe Grangé »

  1. Dommage que tu n’ait pas accroché :(. C’est un des auteurs qui m’a initié au thriller, et j’aime beaucoup ce qu’il fait ! Si jamais tu as envie de retenter quelque chose de lui, je te conseillerai Les Rivières Pourpres 🙂

  2. Ses rivières pourpres m’avaient emportées, son empire des loups aussi, mais sa ligne noire ne m’avait rien fait, hormis me faire ch*** et m’endormir, ce qui fait que après cent pages, je suis passée à autre chose 😆

  3. L’auteur est très inégal… J’ai presque tout lu de lui, mais j’avoue que parfois, c’est un peu tiré par les cheveux… Disons que je préfère plutôt Chattam…

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