Prédatrice – Alissa Nutting

Alissa Nutting - Prédatrice4ème couv’

Céleste Price, 26 ans, est professeur dans un lycée de la banlieue de Tampa, Floride.
Elle est mariée au beau Ford, un policier issu d’une famille aisée.
Tous deux ont un charme fou, ils forment, à tous les égards, le couple parfait.
Voilà pour les apparences.
La réalité est beaucoup plus sordide. Céleste est en effet depuis très longtemps tourmentée par son goût particulier pour les adolescents. Dévorée par une passion de plus en plus incontrôlable, elle décide un jour de passer à l’acte et de séduire un de ses élèves.
Sans se douter qu’elle entre ainsi dans un engrenage infernal aux conséquences terribles.

Mon ressenti de lecture…

Je remercie tout d’abord mes amis Patrick et Marie-Claire, grâce à qui j’ai eu ce roman en mains.

Ce fut une lecture compliquée avec un ressenti contradictoire…

Céleste a 26 ans, est une femme magnifique et un prof de collège.
Elle est mariée et bien mariée mais voilà, elle oriente toute son existence autour d’un seul but: assouvir ses fantasmes sexuels avec de jeunes garçons à peine pubères.
Ils sont ses proies et la chasseuse n’hésitera en rien pour ne pas rester bredouille.

Je suis mère et je ne peux en aucun cas éprouver une quelconque empathie pour cette Céleste, qui n’éprouve de désir que pour les ados de 14 ans.

C’est aussi l’histoire d’une perversion qui s’épanouit dans l’exercice d’une autorité sur des êtres encore fragiles, même s’ils sont agités par leurs hormones et leur désir de transgression et de performances chaudes.
Le récit est tout autant froid et calculateur qu’il peut s’épancher dans des scènes torrides.

Le sentiment en est ambivalent car cette femme souffre quelque part.
Mais ces victimes également, même s’ils n’ont pas le couteau sous la gorge non plus.

L’auteur n’hésite pas à étaler les détails scabreux et graveleux de ses aventures mais évite avec finesse l’étiquette de pornographie en centrant les actions sur la seule personne de Céleste.

C’est une histoire assez cynique, un reflet fidèle d’une société où le sexe est roi et dans laquelle l’homme moderne cherche à tout prix à faire sauter tous les tabous dans une recherche excessive et, somme toute, désespérée du plaisir.
Les pulsions de Céleste, sur fond d’excitation dans le danger et de manipulation de ces élèves masculins, ne peuvent attirer la sympathie.
En aucun cas. Je n’y vois que l’égoïsme, le culte du corps, et la quête d’un plaisir en utilisant ces jeunes comme objets masturbatoires et non pas comme individus.

Toutefois, malgré ma répulsion, l’histoire est courageuse, originale dans le sens où l’auteur nous parle de la prédation féminine dans un univers noyé dans les travers masculins, et très bien écrite et dérangeante.

De plus, sachant que l’auteur est professeur universitaire (ouf!), et si nous ôtons l’éventuelle volonté marketing de créer un scandale ou tout du moins une controverse, je dois louer le talent d’Alissa Nutting pour ne pas nous laisser indifférents.

Et puis il faut bien être lucide, c’est inspiré de faits réels et non isolés, donc au lieu d’une expression d’horreur moralisatrice sur un thème aussi sulfureux, je préfère m’interroger sur ce genre de prédateurs, habiles à se fondre dans notre vie de tous les jours…

Au fait, connaissez-vous la prof de votre fils?

Citations…

« (…) je prétendais que je ne voulais pas employer le mot « amour » parce que c’était une chose qu’il fallait ressentir et comprendre, pas une chose qu’il fallait dire. »

« Ton corps n’a pas envie que tu sois mort, Jack. Juste ton esprit. Il faut séparer les 2. Vivre dans ta peau au lieu de vivre dans ton cerveau. »

Note: 4/5

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12 réflexions au sujet de « Prédatrice – Alissa Nutting »

  1. moi je fais un blocage là-dessus, sachant que c’est basé sur une histoire vraie et que ça me semble de ce fait assez voyeur.
    L’ami Pat le sait déjà, c’est mon blocage psychologique de l’année 😉

  2. Bon, c’est plus que tentant, je ne pense pas faire un blocage psychologique là-dessus… pas d’enfants, donc, pas de soucis avec leurs profs… 😀

    J’avoue aussi que le scénario de « la prof qui couche avec un de ses jeunes élèves consentant » me traumatisera moins que « l’homme qui enlève des petites filles pour les violer »… je sais qu’avant 16 ans, c’est un viol, même consentant ! Je cause ici de « roman ». Celui-ci à l’air moins traumatisant qu’un roman avec un pédophile pervers sexuel.

    Bon, je note aussi que Brad, c’est Patrick ! 😉

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