Zumbi – Jean-Paul Delfino

Jean-Paul Delfino - Zumbi4ème de couv’

Soudain, le paradis dans lequel Semba a toujours vécu vole en éclats. Tout se passe par une douce matinée de printemps, alors qu’il se dirige vers un point d’eau dans l’espoir de débusquer une antilope. Son village est attaqué par des guerriers en furie. Les plus vaillants sont faits prisonniers, les autres sont réduits en une bouillie de sang et d’os.

Tous sont devenus, ce jour-là, la propriété de dom Joaquim da Fonseca, un richissime négrier portugais installé au Brésil…

Arrivé à Rio, de prisonnier Semba devient esclave. L’enfer commence: sévices corporels, humiliations, travail harassant… Semba n’a qu’une idée en tête: retrouver sa dignité. Pour cela, il lui faut s’évader et rejoindre la forêt de. la Barriga. Là, vivent des milliers de Nègres qui ont choisi la révolte et la liberté. Leur chef est le redoutable Zumbi, le « Dieu-de-la-Guerre ». Depuis des années, il défie les Hollandais et les Portugais. Là, est la terre d’espoir. Semba va tenter l’impossible. Va-t-il réussir? Ou mourir?

Zumbi est la quatrième fiction que Jean-Paul Delfino consacre au Brésil. Cette saga, riche de rebondissements, d’amours et de violences s’inspire de faits authentiques. Le suspense et le plaisir sont au rendez-vous.

Mon ressenti de lecture…

Une entorse à mes thrillers fétiches pour découvrir cet auteur prolifique sur le thème du Brésil à travers son histoire et les âges…

Même pas mal! Et c’est même le contraire, une très belle découverte qui va grossir ma wishlist de l’ensemble des titres de Môssieur Delfino! Terrible!

Sur une base de roman d’aventures, je m’immerge dans le XVIIème siècle brésilien, colonie prospère de la couronne portugaise au prix de l’exploitation aveugle des ressources de cette terre, de l’introduction de la culture de la canne à sucre, et du sang de milliers d’esclaves.

Roman d’aventures car le voyage démarre avec Semba, fils libre d’Afrique, fait sauvagement prisonnier par des négriers sans scrupule, qui l’embarqueront dans une traversée cauchemardesque des mers. Arrivé au Brésil, devenu esclave, traité encore plus atrocement que le bétail, Semba n’aura de cesse de regagner sa liberté et sa dignité d’homme en rejoignant à tout prix la communauté des esclaves en fuite de Los Palmares…

Donc, sur cette base romanesque, se mêlent des faits historiques authentiques et des personnages ayant réellement vécus.

Tel Zumbi et son parcours… Zumbi Dos Palmares, qui fut l’un des chefs de guerre et stratège les plus importants du royaume autonome des Palmares, fondé au XIIème siècle par des esclaves insurgés dans le nord-est du Brésil. Qui devient une icône pour tout résistant au joug du colonisateur, et encore célébré de nos jours…

C’est ce que j’aime dans ce style de romans: passer un bon moment récréatif tout en enrichissant ma connaissance de l’Histoire. Et Jean-Paul Delfino y réussit sans peine, avec doigté, sans jamais nous donner l’impression de nous asséner un cours magistral. L’histoire du Brésil naissant avec l’exploitation des autochtones par les Hollandais, se poursuivant avec l’esclavage africain par les Portugais, tisse les fondations du Brésil actuel mais surtout nous interroge sur la nature cupide et cruelle de l’homme penché naturellement vers l’asservissement de ses semblables et son enrichissement borné et sa soif de pouvoir…

Il reste une excellente analyse de la société de cette époque, mais sans jamais tomber sous l’influence d’un auteur donneur de leçon car ce n’est pas un texte partisan, juste un témoignage d’une époque passée et révolue mais qui pourtant sème un écho persistant aujourd’hui.

Certains passages sont intolérables de cruauté, de dégoût et de violence; d’autres, porteurs de tant d’espoirs et de besoin viscéral de liberté et de rébellion que la lecture de ce roman est intense et sans temps mort.

Tant en étant porté et bousculé par cette aventure d’une vie, notre esprit ne cesse de se questionner sur les vicissitudes humaines qui restent malheureusement et étrangement similaires d’un siècle à l’autre.

Zumbi est un gros coup de cœur pour moi, par sa richesse, sa fluidité, sa moralité, sa justesse et son émotion. Car il est certain qu’on n’oublie pas Semba et ses proches une fin la dernière page lue…

Et que, bien entendu, j’aurais plaisir à me rendre de nouveau au Brésil dans un de ses romans, Pour tout l’or du Brésil, Saudade, Dans l’ombre du Condor… c’est ma PAL qui va être heureuse!

Citations…

« Mr de Oliveira, je vous rappelle pour la millième fois que notre famille n’est pas une famille de négriers, ni même de marchands! Nous sommes négociants en Nègres, c’est autre chose tout de même! »

« Que voulez-vous? Ce sont des animaux doués de parole. Mais ça reste des animaux, et rien de plus. »

« Omniprésents, les fouets claquaient et, si nécessaire, zébraient les cuisses et les dos pendant que les gardiens insultaient et crachaient sur ces bêtes de somme qui ne possédaient plus d’humain que leur misérable apparence extérieure.

« Puis tous ces gens de la bonne société (…) qui brillaient par leur paresse, leur bêtise, leur ignorance, leur mépris et leur babil creux, forgé dans la prétention, leur infatuation et leur morgue maladives. »

« L’impatience, ça raccourcit pas les voyages, fils… »

« Viens m’embrasser, mon beau Nègre! J’en ai rien à faire d’être salie et mouillée, si c’est par les bras de l’homme que j’aime. »

Note: 5/5

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5 réflexions au sujet de « Zumbi – Jean-Paul Delfino »

  1. Merci pour cet avis qui donne envie de lire ce livre 🙂 j’aime beaucoup ce type de livres qui traîte de l’esclavage, pour moi Racines est inégalable 😉 mais de jolies découvertes peuvent se faire 😉

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