Le projet Morgenstern – David S. Khara

David S. Khara - Le projet Morgenstern4ème de couv’

Berlin, 1942. Le chef de la Gestapo, Reinhard Heydrich, charge un colonel SS d’éliminer un enfant au centre du plus important projet du 3ème Reich.

Pologne, 1943. Un groupe de résistants hérite bien malgré lui d’un adolescent, évadé du camp du Stutthoff. Très vite, le fugitif déploie des qualités exceptionnelles de combat.

Irak, 2003. Une unité de reconnaissance des Marines, tombée dans une embuscade, est récupérée par l’armée américaine.

Etats-Unis, de nos jours. Jeremy Corbin et Jacqueline Walls mènent une vie tranquille en compagnie de leur fille dans une petite ville du New Jersey. Mais un jour, tout bascule. De Londres à Tel-Aviv, des forêts polonaises aux gratte-ciel de Manhattan, un homme se bat pour protéger ses amis de la malédiction qui le poursuit obstinément. Entre complots, luttes de pouvoir et dérives scientifiques passées et actuelles, Eytan Morgenstern s’apprête à livrer son ultime combat.

Mon ressenti de lecture…

Eytan est à nouveau la cible du Consortium par le biais du gouvernement des Etats-Unis. Rien de moins.

Pensez donc: un soldat d’élite aux capacités exceptionnelles, à la force surhumaine, à la faculté hors norme de récupération, au vieillissement en sommeil et à la dégénérescence quasi-nulle. Il y a de quoi susciter la convoitise, analyser, disséquer, reproduire à grande échelle pour la création d’une armée de surhommes, non?

Et croisez le tout avec le transhumanisme, l’ajout de bio et nano technologie mécanique et électronique au corps humain au moyen de prothèses high-tech, pour l’amélioration de l’homme standard par la génétique ne relève plus du simple fantasme mais d’une réalité en marche… même si la marche se trouve forcée.

Et vous avez de quoi faire trembler vos adversaires dans leurs bottes. Mais même l’un des plus grands pays du Monde prend des risques à frayer avec des organisations borderline.

Et Eytan ne se laissera pas berner.

Et puis vous pensez bien que Morg, que l’on commence à bien connaître maintenant, ne va pas se laisser attraper aussi facilement qu’un lapin, non?

L’expérience du stratège et du maître de guerre se révèlera essentielle pour éviter les pièges tendus car être un espion et un tueur, ne demande pas seulement de la force brute mais également un neurone ou deux. Et ce n’est pas ce qui manque sous le crâne rasé de notre Kidon.

Eytan va prendre l’initiative: le chassé devient chasseur, sans scrupule puisque ses proches sont encore une fois en danger. Que ce soit pour affronter les marines ou H Plus Dynamics, pour révéler les dessous d’un accord initialement malsain mais dont les objectifs réels et cachés sont encore plus ahurissants, crédibles, cupides et révoltants quand les chiffres d’affaires sont pariés sur l’étendue d’une pandémie orchestrée.

Le thème de la cupidité et du pouvoir prennent leur plein essor dans cette dénonciation savoureuse et délicate. Les « méchants » se renvoient les coups bas, chacun se sert de l’autre: le vice dans toute sa noirceur!

Contrairement aux deux précédents projets, si la construction du roman reste sensiblement la même, l’alternance des chapitres entre présent et passé n’est pas utilisée pour éclairer l’aventure présente mais bien pour lever le voile sur la vie d’Eytan, redonner un visage et une voix à ses fantômes, raviver ses souffrances et expliquer son désir forcé de solitude. Cela ne le rend que plus humain à nos yeux. Si vous vous êtes précédemment heurté à la grande carcasse de Morg, vous ne pourrez plus nier le cœur à vif et l’âme bonne et généreuse de Morg.

L’auteur reste habile: tout n’est pas centré sur Morg, nous approfondissons notre connaissance de ses proches, de ceux qui l’accompagnent, qui le soutiennent parfois malgré lui, et nous nous attachons toujours plus.

L’intrigue nous entraîne toujours dans le monde du Consortium, nous traîne dans les couloirs du pouvoir de la Maison Blanche et nous effraie devant les dérives scientifiques, médicales et militaires. Elle nous parle ingénieusement de notre monde, notre société; en extrapole à peine les limites et nous alerte, mine de rien, sur notre condition de « simple pion » dans un nid de vipères.

J’ai eu autant de plaisir à lire les deux histoires entremêlées et j’ai autant trépigné à chaque fin de chapitre explosant de suspens. Une écriture diabolique de la part de l’auteur, avec toujours une pointe d’humour caustique: impossible de lâcher ce roman!

Il a même réussi à me faire verser une larme à la fin!

Et dire qu’il me faut attendre que Môssieur Khara se décide à redonner vie à Elena, à sortir Eytan de sa retraite irlandaise ou à centrer une nouvelle aventure autour de Jacky, Jay ou Avi…

Quand je vous dis que cet auteur est addictif… il faut me croire!

Citations…

« En dépit des discours édulcorés assénés à une population crédule par une presse servile, les soldats tuaient. Certains soignaient aussi, ou construisaient des bâtiments. D’autres se spécialisaient dans les transmissions ou la logistique. Mais la base du job restait identique: tuer quand l’ordre en était donné. »

« (…) ce morveux portait l’uniforme avec l’arrogance de ceux pour qui la guerre n’est qu’une suite d’images satellites projetées sur écrans géants à commenter confortablement installés dans des états-majors aseptisés. »

« Ce n’est pas de la science-fiction, mais de la science secrète. La nuance est de taille. »

« Réparer l’humain est une chose, mais jouer avec le génome, mixer l’homme et la machine et modifier sciemment le cours de l’évolution… Ce n’est pas bon, mes amis. Pas bon du tout… »

« Croiser ma route n’est jamais bon signe, Jay. Par une ironie qui me dépasse et me désole, mes ennemis et mes amis partagent souvent la même fin. »

« Parce que l’homme que je suis se prend parfois à rêver de celui qu’il aurait pu être… »

« Cet homme croyait dur comme fer en l’humanité. Chacun puisait où il pouvait la force de braver l’adversité, quitte à nier l’évidence. »

« Tuez un héros, il devient légende. Tuez une légende, elle devient inspiration. Personne ne peut tuer une inspiration… »

« Nous exploitons les travers de l’humanité pour atteindre nos objectifs, nous ne les créons pas. »

« La même décontraction, la même plénitude. La peine, l’absence, ne concernaient que les vivants… »

Note: 5/5

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10 réflexions au sujet de « Le projet Morgenstern – David S. Khara »

  1. Bonne résolution 1 : je ne craque plus chez toi !!
    Bonne résolution 2 : je ne craque plus chez Yvan !!
    Bonne résolution 3 : je file sinon je sens que mes bonnes résolutions ne vont pas tenir !!

    Non, je n’ajoute rien sinon, je ne m’en sortirai pas ! 😉

  2. Ping : David S. Khara | Fleuve Editions

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