Déroute – Michael Robotham

Michael Robotham - Déroute4ème de couv’

Luca Terracini, journaliste, vit à Bagdad, hors du périmètre sécurisé. Il mène une enquête sur une série de braquages meurtriers. Des dizaines de millions de dollars se sont volatilisés. Dans sa quête de la vérité, il s’apprête à barrer la route à des agents clandestins et de puissantes nations qui s’évertuent à enfouir des secrets et à manipuler la vérité, quel qu’en soit le coût.
Pendant ce temps-là, à Londres, alors qu’il boit un verre dans un pub, l’ancien policier Vincent Ruiz vole au secours d’une jeune femme, Holly Knight, aux prises avec son petit ami violent pour découvrir en se réveillant le lendemain matin qu’elle l’a dévalisé. Il a été victime d’un coup monté des plus subtil. Furieux contre lui-même, et contre elle, il se lance à la poursuite de Holly…

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord, merci à Babelio (grâce à Masse Critique) pour la découverte de cet auteur, Michael Robotham, par le biais de Déroute.

C’est simple: reçu samedi midi, terminé dimanche. Un véritable coup de cœur! Dès les premières lignes, la magie opère!

Luca, reporter de guerre, est à Bagdad. Vincent, flic à la retraite, est à Londres. Aucun point commun ne les rassemble.

Luca enquête sur des braquages visant les fonds de reconstruction versés à l’Iraq, avec l’aide de Daniela, en mission de contrôle comptable pour l’ONU.

Vincent se fait arnaquer par une jeune fille, Holly, qui l’entraîne dans une course-poursuite mortelle.

Aucun point commun.

A priori.

Et pourtant!

Bienvenue dans un roman mêlant géopolitique, espionnage, terrorisme, jeux internationaux, médias et magouilles financières! Et pas dans un fauteuil de ministre je vous prie!

Parce que.. pas le temps de souffler!

Avec Luca, on est dans une zone de guerre où l’urgence transpire sous un soleil de plomb: l’urgence de l’action pour échapper à la mort, l’urgence des sentiments pour se raccrocher à la vie.

Avec Vincent, on court… on court… pour poursuivre, se cacher, s’échapper!

Qui a dit que la lecture, ce n’était pas du sport?

La rapidité du récit est marquée par l’intrigue elle-même bien sûr, entre le Moyen-Orient et l’Angleterre; mais également par des phrases courtes au présent, voire même de simples mots esseulés, des dialogues percutants ou laconiques. L’action a la part belle mais nous laisse le loisir de fouiller les scènes et les poches des protagonistes, de s’attacher à eux tout en réfléchissant à toute vitesse à l’après!

Nous commençons à suivre en parallèle les deux personnages principaux, au gré des chapitres, et l’intrigue se construit peu à peu, laissant la part belle à notre esprit tordu de lecteur pour échafauder des hypothèses et entrevoir la suite et la corrélation des deux situations!

L’intrigue est riche et captivante car basée sur des faits réels qui ont soulevé nombre de polémiques à l’époque et encore actuellement, entre guerre et crise bancaire. Mais le roman ne se veut pas moralisateur ou pro-occidental et çà, c’est appréciable de ne pas avoir le sentiment de lire une bluette!

Il est question d’un monde où les guerres tuent des êtres humains sous le couvert de la moralité bien pensante et de la sacro-sainte liberté, sont de la poudre jetée aux yeux des populations aveugles alors que la réalité a des fondements et des objectifs bien peu avouables au commun des mortels et dont l’issue se décide entre les bureaux confortables des gouvernements et des « Agences », les places financières rapaces et cupides, et les immenses buildings des lobbies. On y apprend l’art de la sophistique et du double langage.

On est loin du patriotisme forcené!

La limite entre le blanc et le noir est mince, très mince, voire inexistante… d’où le titre du livre à mon avis! Et c’est ce qui nous entraîne dans un suspens qui ne trouve grâce qu’à la toute fin… et encore… la victoire laisse un goût amer!

Ce livre est passionnant, trépidant, profondément humain, lucidement cynique… Il offre une superbe analyse réaliste de la société d’aujourd’hui et de ceux qui nous manipulent… Il nous dit aussi que l’humain, malgré tout, doit continuer à exister et à se battre…

Ce roman est un bonheur livresque qui me donne envie de connaître plus avant cet auteur, c’est clair et sans équivoque aucune!

Citations…

« Les psychopathes, les salopards, j’en faisais mon affaire jusqu’à ce qu’ils commencent à se pointer en uniforme avec un badge. »

« Nicola pensait que ceux qui assistent sans rien faire à la barbarie ne valent pas mieux que ceux qui l’infligent. »

« On se fait trop de reproches en Iraq. Les sunnites accusent les chiites, qui blâment les baasistes, qui ont jadis harcelé les Kurdes. Ils condamnent tous les Américains. On est devenus une nation de sales types en colère armés de fusils et d’une éducation de 3ème zone. Ma génération est en guerre depuis sa naissance. »

Note: 5/5

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12 réflexions au sujet de « Déroute – Michael Robotham »

  1. Hahahaha ! Tu vois, je n’ai pas craqué !!! 👿 Je te garderai un chien de ma chienne, ma chère Karine ! 😀

    T’as pas de la daube à chroniquer, là ?? ça me ferait plaisir 😉

  2. Pfff si le fauteuil de ministre n’est même pas fourni avec le livre… 😉
    Pas mon genre de lecture habituel, mais c’est le genre d’avis qui me donne envie de changer d’avis !

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