La nuit du verseau – Laurent Botti

Laurent Botti - La nuit du verseau4ème de couv’

Quand Brigitte, dix-sept ans, a disparu de la maison, sa mère Mathilde a tout imaginé: enlèvement, viol, meurtre…

Avant d’apprendre, sept ans plus tard, que sa fille, droguée et prostituée, a été recueillie par Biosthal, clinique privée aux méthodes très spéciales.

Dès lors, Mathilde n’a qu’un seul but: infiltrer Biosthal et retrouver sa fille.

Mais que cachent réellement les murs de ce grand manoir qui abrite la clinique? Une organisation criminelle? Un réseau de prostitution? Une secte?

Afin d’arracher Brigitte aux griffes de l’organisation, Mathilde est prête à défier quiconque se trouvera sur sa route. Mais la vérité a un prix: il y a des secrets qu’il vaut mieux ne pas connaître…

Mon ressenti de lecture…

Une jeune top model, Line C, est retrouvée sauvagement mutilée dans sa salle de bains… Une mère infiltre une mystérieuse clinique, Biosthal, pour marcher dans les pas de sa fille disparue il y a 7 ans.

Aucune corrélation apparente…

D’un côté, nous avons une enquête menée par Alex Gredit, capitaine de police, et son ami reporter, Xavier Vidal, qui flaire autre chose qu’un simple fait divers et décide rapidement de poser les bases d’un livre.

D’un autre côté, nous avons une mère déterminée à retrouver sa fille, quitte à suivre le même chemin qu’elle, et à prendre tous les risques.

De prime abord donc, aucun point commun.

Les chapitres jonglent entre les deux affaires, les narrateurs changent à chaque fois, on approfondit au fur et à mesure la personnalité des différents personnages, on pose quelques éléments, on nage en plein mystère, on progresse, on fait chauffer les neurones pour trouver « la » pièce qui liera les deux affaires.

Et l’affaire est rondement bien menée, l’intrigue est bien ficelée, le rythme ne faiblit jamais, la réflexion est multiple. Car, il faut bien le dire, il y a matière: naviguer dans les eaux troubles du milieu de la mode, de l’argent, du pouvoir, de la nuit et de ses excès, franchir la limite de la recherche du bien-être et du milieu sectaire, se battre pour son enfant, gérer les souffrances du passé pour mieux s’ouvrir à demain ou glisser dans la dominance d’esprits manipulateurs… les thèmes sont multiples et adroitement amenés et analysés.

La description de la main mise sur l’esprit de gens blessés, faibles ou pas, par des gourous emplis de bonté et de douces vérités anesthésiantes est proprement géniale et décortique adroitement les étapes de cette emprise progressive et explique l’émulation de foules et le succès des thèses sur le développement de soi autour d’un « maître à penser ».

L’évolution de Mathilde est également admirable: de la mère forte et déterminée, elle se retrouve à douter, se remettre en question, à souffrir, à ouvrir les yeux, glisser sur la mauvaise pente pour redresser enfin la barre, à oser aimer. Mathilde est une femme comme les autres, avec ses fragilités et sa force, sans grandiloquence, avec une justesse des plus humaines, mais un parcours qui la rend exemplaire et force le respect.

Ce roman est riche car on peut s’attacher à l’enquête policière brute autour de morts sanglantes, de mouvements sectaires ou des prises de libertés pour expérimenter une nouvelle molécule… ou bien s’attarder sur les problèmes de société soulevés et sur les rapports humains qui dérapent, se rattrapent ou lâchent prise.

Tout s’imbrique subtilement, tout en cultivant le suspens jusqu’au bout et… mine de rien, nous emporte vers un final surprenant où les manipulateurs trouvent toujours plus retors qu’eux.

La fin n’est pas toute rose et j’adore parce que le gris est réel et laisse une nappe de brouillard sur l’avenir… notre avenir!

Citations…

« Le monde du réel est une tragédie pour ceux qui ont de l’esprit et du cœur; il n’est comique que pour ceux qui ont de la chance. Une veuve de papier. John Irving. »

« Mathilde avait cette détermination inflexible de ceux qui, face à de vraies épreuves, n’ont eu d’autre choix que de les surmonter. »

« La secte est un ventre. Elle est une mère. Le gourou est un père. Si un individu entre dans une secte, c’est qu’il a un problème soit avec l’un, soit avec l’autre. Soit avec les deux. La secte lui offre une famille de remplacement. »

Note: 4/5

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Bibliographie de l’auteur: ICI

Laurent BOTTI

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12 réflexions au sujet de « La nuit du verseau – Laurent Botti »

  1. le thème de ce bouquin ne m’attire pas vraiment mais comme tu sais tellement bien y faire ! 😉
    Promis, j’ai noté le nom de l’auteur dans mon calepin (enfin mon dictionnaire) 😉
    Merci encore pour cette belle chronique !

    • Laurent Botti aborde des thèmes qui, de prime abord, ne m’interpellent pas (le ciné dans Fatale lumière, la secte dans La nuit du verseau…) mais son écriture est addictive… mine de rien, il te plonge dans une intrigue tellement bien ficelée et riche que tu te retrouves rapidement à ne pas lâcher le bouquin! Vraiment… à tenter… et curieuse de connaître ton avis… je sais… dans 10 ans peut-être!!! 😉

  2. Tiens donc, ce titre ne m’est pas inconnu du tout ! Mais où aurais-je donc vu ce livre, moi ?? Pas dans une chronique, non, parce que ça fait un certain temps, ce n’est pas une nouveauté.

    Merci pour la chronique, et si tu étais gentille, tu nous en dirai plus, nous raconterais la fin afin que nous évitions une dépense de plus 😀 Merci !!

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