Fatale lumière – Laurent Botti

Laurent Botti - Fatale Lumière4ème de couv’

Une femme est assassinée en direct sur le web et un inspecteur en plein sevrage alcoolique est chargé de l’enquête… c’est le quotidien de toutes les métropoles du monde.

Mais c’est à Navity que ça se passe. Et Navity n’est pas n’importe quelle ville. C’est la nouvelle Hollywood: une cité brillante, fascinante et maléfique. Le nouvel empire de la création des rêves depuis que le Big One a détruit Los Angeles.

Le tremblement de terre a permis à une nouvelle génération d’accéder au firmament, mais l’ancienne est toujours là, tapie dans l’ombre et prête à prendre sa revanche.

Ce n’est qu’une question de temps… Ce temps qui manque à l’inspecteur Wode pour dénouer les fils d’un écheveau diabolique. Les démons du passé n’avaient pas disparu. Ils attendaient juste leur heure.

Mon ressenti de lecture…

Intérieur / Jour / Chronique / 1ère prise et aaaaction!

Vous l’aurez compris, c’est l’univers du cinéma qui nous ouvre les bras, et ce, dans un avenir proche (très proche) gouverné par les iAm (téléphones high tech), la domotique et les écrans omniprésents, les glasstrons.

Hollywood est mort, vive Navity, près de Sydney, en Australie.

Le Big One, le grand tremblement de terre qui a rayé Los Angeles de la carte, a laissé des traces dans les cœurs et les âmes, poussant les professionnels du cinéma à créer ailleurs une nouvelle cité dédiée…

The show must go on…

Oui, mais voilà, ce nouvel empire a embarqué avec lui les talents mais aussi toutes les dérives et excès inhérents à ce milieu.

Et c’est dans cette ambiance que nous allons suivre une palette de personnages très riche, ciblée et complète: de la diva mégalo, du couple de stars dont l’amour se délite dans les soupçons, jusqu’au flic alcoolique et torturé mais au bon cœur (c’est comme ça qu’on les aime!).

Parce que ce monde n’est pas un conte pour enfants… des femmes meurent étranglées en direct sur le web par un mystérieux homme cagoulé.

650 pages en grand format pour explorer tous les rouages des coulisses de l’univers cinématographique ou comment le génie artistique frôle dangereusement la folie.

‘ai regretté une certaine lenteur dans l’action, certes, mais cette relative indolence permet de s’imprégner des ambiances, de bien cerner ce milieu d’apparences lumineuses et d’aborder la schizophrénie latente et la dichotomie qui habitent ces stars ou starlettes ou « apprentis tout »!

Cela permet de naviguer aussi au fil des étapes qui mènent de la création artistique au business, à la célébrité polluée ou encensée, au rôle des médias.

C’est un monde de lutte de pouvoirs, de fric, de luxure glauque, de vice sans complexe, d’orgies déjantées, d’avidité sexuelle pathétique, de tyrannie des corps et de la beauté.

C’est une approche assez cynique du milieu qui gomme toutes différences entre les « poupées à plaisir » et les acteurs. Et j’ai bien aimé cette analyse sans concession, je dois le dire, car elle alimente, bien entendu, les clichés (ou la réalité?) du cinéma véhiculés de nos jours.

Où est la limite? C’est la question récurrente tout au long de ce thriller.

Jusqu’où pousser pour apparaître dans la lumière ou ré-apparaître? Jusqu’où la vie privée peut-elle l’être encore? Jusqu’où faut-il se perdre pour renouer avec l’inspiration créatrice? Jusqu’où un être peut-il rester humain alors qu’il est adulé des foules?

J’ai adoré le personnage du flic, Tim Wode, bien sûr… Homme torturé que l’alcool a détruit en même temps que sa famille et dont l’addiction et le sevrage sont très habilement distillés dans le récit. Il mène son enquête comme son sevrage, avec obstination.

J’ai adoré la quête de cette femme, Iris Gaylor, actrice, qui a mené (ou sacrifié?) sa carrière en total dévouement pour celle de son mari, Chris, qu’elle voit se dédoubler quand apparaît l’Autre, l’objet public; et qui se réveille avec la disparition mystérieuse de sa sœur, qui remet tout en question, qui fouille, mène l’enquête, n’abandonne jamais sa lucidité face au monde qui est le sien et en arrive à douter même de son époux.

J’ai apprécié chacun des personnages, en fait, dans leurs côtés sombres, leurs images et ce qui se cache au fond de leurs yeux. Chacun dissimule des bobines poussiéreuses dans les placards et donnent le change sous les faisceaux de lumière.

Le portrait de ce microcosme est proprement jouissif, dans toute sa triste démesure!

Le final de cette intrigue dense et bien scénarisée est ahurissant de crédibilité, surprenant, déroutant.

De quoi nous rendre parano sur les Big Brothers qui nous entourent sans que nous en ayons véritablement conscience, tant l’espace entre le virtuel et le réel s’amenuise à vitesse grand V, tant les êtres humains ne savent plus, ou ne veulent plus, différencier l’être et le paraître…

Intérieur / Jour / Fin / Eeeeet coupez!

Citations…

« Il aimait le cinéma dans sa richesse et non pas comme la répétition sans élan de la même recette, du même succès. »

« Navity glorifiait la réussite mais se nourrissait de l’échec. »

« Wode travaillait. Wode buvait. Sa vie était devenue une ligne droite entre ces deux points; il la parcourait sans en dévier. »

« (…) l’humanité, dans toute sa grossière diversité, présentait un visage unique. Celui de la médiocrité. »

Note: 4/5

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Bibliographie de l’auteur: ICI

Laurent BOTTI

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10 réflexions au sujet de « Fatale lumière – Laurent Botti »

  1. Ben mince alors…
    Jamais lu cet auteur, je me suis jamais vraiment posé la question non plus et là… tu me braques le projecteur en pleine tronche et j’ai juste envie d’aller jouer le jeu !
    L’histoire m’attire beaucoup et ton avis m’achève !

  2. Je suis trop fan de cet auteur…tout lu de lui et aucune déception!! Je me demande comment il n’est pas plus connu avec le talent qu’il a !!!

  3. Je découvre moi aussi cet auteur. Une chronique bien écrite qui me donne vraiment envie de lire ce livre. Merci Livrenvie 🙂

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