La Cité – Stella Gemmel

Stella Gemmel - La cité

Stella Gemmel – La Cité (2013)

4ème de couv’

Construite sur des milliers d’années, faite d’une multitude de niveaux, la Cité est aussi vaste qu’ancienne.

En guerre permanente avec les royaumes voisins, elle recèle en son cœur l’énigmatique Empereur, que la mort même semble craindre.

Des catacombes tortueuses qui courent sous la Cité aux champs de bataille gorgés de sang, une poignée de rebelles placent leurs espoirs en un seul homme.

Celui qui, autrefois, était le général favori de l’Empereur.

Un homme respecté, puis trahi, et qu’on dit mort…

Mon ressenti de lecture…

J’ai eu la chance et la joie de me voir attribuer La Cité lors du tirage au sort d’une Masse Critique de Babelio, et je me suis plongée dans sa lecture dès réception.

Stella Gemmel signe ici son premier roman en solo. Il n’aura pas échappé aux puristes du genre qu’elle est la récente veuve d’un maître de la fantasy, David Gemmel, et qu’elle a collaboré étroitement à certains de ses écrits.

Les mauvaises langues s’en donneront à cœur joie pour ne voir en ce titre solo qu’un ersatz du maître. Pour ma part, je me suis refusée à aborder cette histoire avec cet a priori, c’était insultant pour le talent de l’artiste.

Parce que talent il y a, c’est indéniable!

Stella Gemmel signe ici une magnifique fresque d’Héroïc Fantasy. Un pari osé, à mon sens, pour une première œuvre, que celui de nous offrir une histoire dense de près de 580 pages. Voir plus si les caractères étaient de taille standard. Mais non, pas d’inquiétude, je n’ai pas sorti la loupe!

La couv’ est magnifique et la 4ème de couv’ est plus qu’alléchante. Et que dire du contenu? Si ce n’est qu’il tient diablement bien ses promesses.

Je déplore un rythme un peu lent dans le 1er tiers du roman, lenteur relative mais nécessaire puisque le décor se doit d’être planté et que cela ne peut se faire en quelques lignes si on veut réellement s’imprégner des ambiances. Relative car l’aventure commence dès les premières pages, avec la découverte de certains personnages principaux et des remous de leur existence: Elija et sa sœur Emly, qui vont se retrouver très vite séparés; la fière Indaro; l’énigmatique Archange et le vieil homme, Barthellus, qui n’est pas celui qu’il veut bien laisser paraître.

Dans ce 1er tiers, la Cité se dévoile par ses bas-fonds, ses égouts, ses strates inférieures ancestrales, et ce, dans un climat oppressant et anxiogène de puanteur et d’obscurité, de dangers et de mort.

La Cité serait-elle un colosse au pieds d’argile? Ses fondations profondes et anciennes sont-elles aussi solides que la Citadelle, en surface, l’affiche? L’existence d’une société parallèle souterraine est-elle le reflet d’un déclin annoncé?

Des questions se posent déjà, des mystères apparaissent nébuleusement.

Le 2ème tiers nous ramène à la surface… mais l’ambiance n’est est pas moins sombre. Un autre aspect de la Cité est dévoilé, celui de la guerre incessante dont on ne se souvient plus du début et dont on n’imagine pas la fin, dont on ne sait plus qui est qui, de l’agresseur ou de l’agressé…, celui de ses paysages désolés, dévastés et devenus stériles par excès de sang dans les sols… Un cimetière à ciel ouvert où chaque jour, les soldats se lèvent pourtant pour mener la bataille…

De là, une réflexion quasi-philosophique et intemporelle sur la notion de la guerre, de sa justification ou pas.

Pour qui, pour quoi, pour servir les intérêts d’un peuple ou assouvir la soif inextinguible de pouvoir d’un seul être?

Le mystère sur la nature et l’identité de l’Empereur de la Cité se dessine peu à peu, au fil des événements et lors des flashbacks sur les vies de chacun. Les conspirations et les vengeances prennent corps.

Stella Gemmel réussit le tour de force de décrire avec moult détails et précisions chaque coup porté et chaque mouvement et stratégie, tactique de groupes sans en casser le rythme trépidant, guerrier et sanglant.

Un véritable bonheur visuel tout autant que littéraire. On est loin de scènes édulcorées et d’un héroïsme angélique; on est dans la réalité épuisante et horrible des combats quasi-suicidaires des différents camps.

On retrouve Indaro, on découvre Fell et ses compagnons d’horreur. Les personnages s’étoffent et en deviennent attachants: on veut les suivre jusqu’au bout, on veut qu’ils s’en sortent.

Par conséquent, on vibre, on tremble pour et avec eux. Parce que ce roman épique exhale aussi l’émotion par la sueur de chacun, par chaque goutte de sang versé.

Le dernier tiers de ce gros pavé marque le départ concret des luttes de chacun et de tous. Il n’est plus temps de tergiverser, de tester, de se questionner… c’est le moment de prendre partie et de se lancer dans l’ultime assaut.

Et là aussi, l’auteur nous régale avec un suspens de tous les instants, en nous plaçant sous différents points de vue et d’action. Le tout dans une fluidité qui nous pousse à vouloir aller plus vite, à ne pas cesser de tourner les pages, pour savoir enfin où se situe la victoire… s’il y a même une victoire! Car c’est fatalement vers la chute au sens propre comme au sens figuré que tous se précipitent.

Le dénouement est des plus surprenants et inattendus. La mort est au rendez-vous, loin de la gloire et des honneurs. La vérité éclate loin de tout idéal de paix sereine et porteuse d’avenir léger. C’est une plongée dans la noirceur et le marasme de l’âme humaine… ou celle des Dieux.

Pour conclure, je dirais que, sans conteste, à mon sens, c’est du grand art.

Ne vous laissez surtout pas rebuter par l’épaisseur de l’ouvrage, l’histoire en a besoin, le lecteur en a besoin.

Tout y est, des scènes d’action, de l’horreur, de l’angoisse, du fantastique, de l’humanisme…

C’est un total régal livresque et je me refuse à croire que Stella Gemmel ne donnera pas suite à cette Cité. Ne serait-ce que pour nous éclairer sur le destin des Serafim, d’Elija, d’Emly… et de certains autres…

C’est un livre que je conseille de tout cœur à tous les accros d’Héroïc Fantasy, vous ne serez vraiment pas déçus, c’est certain!

Citations

«Je croyais que la vie n’avait plus rien à m’offrir, rien même qui vaille la peine de se battre. Aujourd’hui, je t’ai toi. Jamais je n’aurais cru rencontrer un jour une âme digne de confiance. Pourtant, j’ai confiance en toi. Je crois que tu es la personne la plus courageuse que j’aie jamais rencontrée. Tu as le cœur d’un soldat, et je te confie ma vie.»

«Chaque seconde fut consacrée à abattre désespérément une arme sur les chairs, le métal et les os, jusqu’à ce que tout mouvement cesse.»

«C’était un cliché parmi les soldats de penser que celui qui craignait de perdre serait toujours la victime de celui qui voulait vaincre.»

«Bien sûr que si, un seul guerrier peut faire la différence! Par sa force et son courage, un seul soldat peut changer l’issue de la bataille! Tout comme un acte de lâcheté le pouvait aussi.»

Note: 5/5
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11 réflexions au sujet de « La Cité – Stella Gemmel »

  1. Hello,

    J’ai lu son défunt mari et je pense que je me laisserai tenter par l’épouse aussi ! Ta critique me donne envie… te serais-tu associée avec Yvan pour me pousser dans mon vice ? : l’achat de livre 😈

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