Citations autour de Apocalypsis – T3 Le cavalier noir – Eli Esseriam

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« La convivialité, l’hospitalité, la générosité, ce sont des travers de pauvres. Cela se sait bien. »

« C’était une erreur de jeunesse. Tout le monde en commet. Quand la première ne met pas fin à ta vie, je veux dire. »

« Mais je n’ai tout simplement jamais compris, et encore moins partagé, la tendance collective à enjoliver le portrait de quelqu’un sous le prétexte de sa mort. Comme si mourir était un exploit qui méritait clémence et révision des jugements. Cela se saurait si trépasser requerrait la moindre habileté ou compétence. Pour moi, un salaud mort reste un salaud, et le dire n’en fera pas un de moi. »

« Il existe un niveau de richesse où l’on ne se fatigue pas pour quelques millions de plus ou de moins. En revanche, il n’existe aucune limite définie quand il s’agit de faire chier ou d’asseoir une autorité contestée. L’ego n’a ni honte, ni scrupules. »

« Il est véritablement délicieux de détrôner les êtres les plus élevés par une insurrection rondement menée, mais une fois au sommet, l’on ne peut s’empêcher de regretter que l’ascension soit aussi belle que solitaire. »

« On dit parfois qu’on tombe amoureux d’un être par deux fois lorsque la relation est vraie et belle. La première fois, dès que l’on pose son regard admiratif sur sa personnalité visible. Les qualités qu’elle montre, les atouts dont elle dispose et qu’elle dispense, l’aura sociale dont elle s’entoure dans son quotidien, côté cour. La seconde fois est généralement la plus difficile et peu de relations y survivent, car il n’est pas aisé d’aimer ce qui ne convient pas. Mais lorsque ce coup de foudre, amical, affectif ou familial, surgit, il est encore plus significatif. Parce qu’il s’attendrit sur la personnalité cachée, ombragée et ténébreuse qui coexiste avec l’autre, plus solaire. Tout ce que nous dissimulons de travers, défauts et failles. Tout ce qui est pourtant susceptible de nous garantir l’authenticité de la relation. Tout ce qui nous rend éternellement reconnaissants et pleins d’une gratitude sincère d’être aimé non pas pour ce que nous sommes mais en dépit de ce que nous sommes. »

« Je voulais faire le tri dans ma vie, mes relations, mes sentiments. Pour extraire l’essence même de mon histoire et n’en garder que ce qui en était sine qua non. Nötig. Je voulais jouir et profiter, m’assurer de la véracité des échanges, de la bonté des êtres autour de moi et du goût premier des choses. C’était là ma grande espérance, digne de celle de Dickens. J’aurais pu faire miennes ses lignes et constater comme lui « c’était la meilleure des époques, c’était la pire des époques, l’âge de la sagesse et aussi de la folie ; le temps des croyances et de l’incrédulité ; l’ère de la lumière et des ténèbres ; le printemps de l’espoir et l’hiver du désespoir. » Vaste programme que le mien… »

« J’aimais entendre le rire de Silke au point de tout faire, tout dire et tout tenter pour que cela se produise. C’était une petite musique douce à mes oreilles et j’en suivais avec plaisir chaque variation, redoutant seulement le moment pénible du décrescendo. Un rire finit malheureusement toujours par s’éteindre et c’est un deuil des plus pénibles à faire. »

« Dans un esprit de royauté, je voulais que chaque pièce regorge de victuailles, d’alcools nobles, de vin et de bougies par centaines dont la chaleur induirait une atmosphère brûlante. Je désirais qu’on s’étourdisse, s’égare, se perde. Je souhaitais induire le vertige, l’extase, l’ivresse de tous les sens. »

« Armande possédait deux doctorats, quatre maîtrises et quelques licences. Elle n’en occupait pas moins un poste de bonne à tout faire traitée en bonne à rien. »

« Mais, quel que soit notre degré de génie, les émotions nous rendent terriblement ordinaires. Personnellement, j’ai peur du vide, de cette sensation de néant absolu qui se love dans un poumon pour alourdir chaque respiration, la rendre pénible, impossible bientôt. Cette angoisse muette indélogeable susurre sans cesse que la vie n’a aucun sens ni intérêt, que l’on ne vient de nulle part, qu’on erre pour finalement marcher droit vers le rien. Parfois, cette crainte sourde se transforme en panique totale. Asphyxiante. Assassine. »

« A mon sens, on sait immédiatement qui domine une rixe sans même juger de la perspicacité des arguments ou de la pertinence des récriminations. Tout est fonction des décibels. Plus un homme crie, s’énerve et s’époumone, moins il est détenteur d’une véritable autorité charismatique. »

« Et la tragique réalité est qu’il en est ainsi pour tout le monde. Il n’y a pas un seul être sur cette Terre qui puisse être parfaitement assuré d’être aimé pour ce qu’il est et non ce qu’il montre, apparaît ou symbolise, incarne ou représente. »

« Je ne l’aurais jamais reconnu, surtout pas devant témoins, mais j’avais très mal. Premièrement, parce que ce n’est jamais très agréable de se faire prendre pour un con. Ça picote un peu dans la région de l’amour-propre. Ça irrite et ça démange. Ensuite, parce qu’en dépit de ma personnalité quelque peu revêche et des turpitudes commises par mes tares insurmontables, j’aimais sincèrement Savas, comme l’on peut aimer un ami ou un parent ou un alter ego. Je me sentais trahi, évidemment, mais aussi abandonné et renié. J’étais seul, plus que jamais et au moment même où je n’imaginais pas que je puisse l’être encore davantage. »

Ressenti de lecture sur Apocalypsis – T3 Le cavalier noir – Eli Esseriam

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2 réflexions au sujet de « Citations autour de Apocalypsis – T3 Le cavalier noir – Eli Esseriam »

  1. Très belles citations! En plus de ta chronique, qui est toujours très bien écrite, cela donne envie de découvrir cet auteur, que je ne connais pas du tout. Encore une fois, merci Karine!

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