Gaïa – Yannick Monget

Gaïa - Yannick Monget4ème de couv’

Et si un jour l’homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d’extinction? Le monde sombre dans le chaos: un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d’impossibles mutations alors qu’une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes. Au cœur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, PDG d’une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n’a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu’il menace la survie de toute l’humanité. Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter?

Ressenti de lecture..

 Yannick Monget, dans ce grand roman d’aventures et d’anticipation, avec un poil de fantastique et de mythologie, nous offre une belle inversion des rapports de domination entre Dame Nature et l’Homme sur Terre. Et si, après tant d’années d’exploitation aveugle et de courses effrénées à la consommation, la Terre se rebellait contre la toute puissance et la déresponsabilisation humaine. La théorie ou l’hypothèse de Gaïa existe belle et bien et consiste généralement à dire que la Terre, la biospère, se comporterait, globalement, comme un être vivant avec ses propres régulations homéostasiques, adaptant la composition de son environnement en harmonie avec la vie. La Terre désire conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures… et ses contraintes… ce sont les hommes. Et la Terre a décidé de se réveiller brutalement pour donner une leçon à ses petits êtres sans éthique. En une fulgurance temporelle, les éco-systèmes mondiaux sont bouleversés, une étrange épidémie décime l’humanité, c’est le chaos total et la perte de tous les repères connus pour la poignée de survivants… Dans un décor postapocalyptique magistral, très cinématographique, on explore le nouveau monde. Non, non, pas celui auquel vous pensez là, avec des indiens… juste celui dans lequel l’Homme se retrouve de l’autre côté des activités anthropiques qui ont été siennes, en toute impunité, pendant tant de siècles. On est dans l’action et la survie… et pourtant la réflexion est présente également tout au long des pages. Attention aux âmes sensibles, quand l’Homme devient la proie, on a droit à des scènes très brutales et sanglantes au détour de ces péripéties qui mèneront nos personnages dans la jungle de Paris à New-York. On ne fait plus dans la dentelle, on n’est pas dans les grandes extrapolations théoriques sur le devenir écologique de la planète… la planète en a eu ras le bol d’attendre… elle a agit, elle a renvoyé à l’Homme, en pleine face, son propre comportement… et ce, sans carton d’invitation. Les passages sur les cocons d’élevage sont percutants et anxiogènes à souhait. Les personnages sont attachants, entre l’industriel capitaliste et la scientifique utopiste, mais manquent très légèrement de charisme. Et l’action ne faiblit pas au long du récit. On est halluciné par le chaos, entraîné dans l’action, hébété devant cette nouvelle réalité et questionné dans nos convictions modernes. L’angoisse nous étreint devant cette nouvelle répartition des forces et équilibres. L’arrogance humaine est réduite à néant quand on réduit l’être humain à sa véritable nature, un animal comme les autres, juste un autre élément de la chaîne alimentaire en fin de compte! J’ai beaucoup aimé le dénouement, très surprenant, et qui donne un côté science-fiction qui allège le propos et les thèmes abordés. Un bémol tout de fois, la rapidité des événements naturels m’a semblé tout de même peu crédible, même dans cette ambiance d’anticipation. Le plus, les citations que l’on trouve en tête de chapitres, qui renvoient aux questions bien réelles de notre société, et nous interpellent. Au final, je me suis plongée dans la lecture de Gaïa beaucoup trop tôt après celle de Résilience, qui a été un coup de cœur phénoménal, et je n’en ai pas considéré la qualité immédiatement. Je le déplore. Je conseille seulement une lecture espacée dans le temps de ces deux bouquins pour réellement les apprécier. Parce que Gaïa est véritablement un bon bouquin pour titiller et réjouir nos neurones!

Note: 4/5

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3 réflexions au sujet de « Gaïa – Yannick Monget »

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