Les soldats de l’aube – Deon Meyer

Les soldats de l'aube - Deon Meyer4ème de couv’

Zatopec, dit « Zet », van Heerden fut un brillant officier de police de la brigade des vols et homicides du Cap, en Afrique du Sud. Pour l’heure, il s’applique à traîner, de bar en bar, une culpabilité dévorante et une violence à fleur de peau. C’est donc presque malgré lui qu’il est amené à enquêter, pour le compte de l’avocate Hope Beneke, sur le meurtre de Johannes Jacobus Smit, tué d’une balle de M16 dans la nuque après avoir été torturé à la lampe à souder. Wilna, l’épouse de la victime, rapidement mise hors de cause, les pistes sont minces pour orienter les investigations de Zet. Prêt à renoncer, il découvre par hasard que le coffre de la victime contenait des dollars US, et que Smit cachait des secrets risquant de mettre en péril de hautes instances qui n’ont guère envie de faire la lumière sur des affaires empoisonnées aux relents de racisme d’avant apartheid.

Mon ressenti de lecture

Une simple histoire de testament volé… Mouais… Ben non… Mélange de polar, roman noir, biographie… Un livre très riche…
La quête de ce bout de papier va vite nous entraîner dans les méandres d’un polar très bien orchestré, qui nous laisse entrevoir le sac de nœud géo-politique de l’Afrique du Sud au temps de l’Apartheid et nous plonge dans les prémices du profilage, opposés aux méthodes policières plus traditionnelles et aux procédés militaires quelque peu expéditifs.
Mais il y a plus encore… cette aventure est doublé des confidences de vie de Zet, ancien flic à la dérive, devenu provocateur et asocial.
Et, tout en suivant l’évolution de son périple, on est suspendu aux lèvres de ses épanchements, on veut savoir comment un homme d’esprit et de réflexion, vibrant à la seule pensée du grand amour, porté par l’inconditionnel mais discret amour de sa mère, au démarrage magistral de carrière, peut sombrer presque suicidairement dans un sombre et violent marasme.
Plus friande de thrillers que de polars, je suis agréablement surprise par le rythme trépidant et le style d’écriture. L’auteur alterne avec brio et une grande fluidité la narration intime à la première personne et la densité de l’enquête: actions à rebondissements, des personnages addictifs qu’on adore aimer ou détester… Il jongle pour notre plus grand bonheur avec les appositions, créant un style haché, spontané, allant droit à l’essentiel… presque avec brutalité.
J’ai aimé Zet, cet homme torturé par ses idéaux, réfugié derrière un mur d’agressivité et de sarcasmes, habité par sa vocation policière, dont la flamme renaît par cette enquête et par la confiance que lui vouent malgré tout les femmes: Joan, sa mère et Hope, l’avocate.
J’aime la pudique promesse d’accéder à la lumière au bout de son tunnel.
J’aime l’humour des scènes dans lesquelles Zet est obligé de se servir d’armes à feu, comme s’il tenait une patate chaude… un régal, un comble pour un flic!
J’ai aimé (oui… encore!) l’histoire de P’tit Mpayipheli, noir parmi les blancs, bercé depuis l’enfance dans les bras de la sauvagerie et du racisme, servant un mafieux mais au sens aigu de l’amitié. Un grand ours bourru au grand cœur.
Et la fin.. la fin… le dénouement de l’enquête, le passé déroulé rejoignant le présent de Zet… belle apothéose fracassante d’un côté et tout en pudeur de l’autre…
En bref, j’ai été séduite par le style de cet auteur, son écriture sans faux semblant, le rythme imposé, le fond riche de ses personnages et du décor créé…

Note: 4/5

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6 réflexions au sujet de « Les soldats de l’aube – Deon Meyer »

  1. Je l’ai fait rentrer pour ma Bibliothèque. Il va falloir que je le mette de côté pour le lire en premier. Après « Zulu », je ne serai pas dépaysé. 😉
    Bises.

    • En effet! Moi qui n’aimais pas les livres autour de l’Afrique du Sud, mon ami m’a poussé vers « zulu »… et je me suis retrouvée avec Don Meyer! Comme quoi, quand c’est bien écrit, il n’y a pas de mauvais sujet! 🙂 Bizzz Vincent!

  2. Tu as raison chère Karine, la force de Deon Meyer c’est que ces romans policiers tiennent à la fois du roman noir mais aussi du Thriller.
    Je le reparcours actuellement car comme tu dois déjà le savoir je prépare une bibliographie Afrique du Sud pour la fin de la saison sud africaine en France.
    Merci pour ce très bel avis.

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